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Un gouvernement péquiste pourrait laisser intact le gisement Old Harry

06/08/2012 12:12 EDT | Actualisé 06/10/2012 05:12 EDT

HAVRE-AUX-MAISONS, Qc - Un gouvernement péquiste pourrait très bien ne pas toucher aux milliards de dollars d'hydrocarbures enfouis dans le gisement Old Harry, dans le golfe Saint-Laurent.

Après s'être battue à l'Assemblée nationale pour que le Québec obtienne sa part du gisement partagé avec Terre-Neuve-et-Labrador, la chef péquiste Pauline Marois dit carrément qu'un gouvernement péquiste serait prêt à renoncer à son exploitation.

Le gisement a pourtant toutes les apparences d'un véritable eldorado pétrolier: il pourrait receler des réserves de 140 millions de mètres cubes d'hydrocarbures. Terre-Neuve-et-Labrador a déjà pris de l'avance dans les démarches menant à l'exploitation du gisement.

En point de presse aux Îles-de-la-Madeleine lundi, Pauline Marois a dit qu'elle allait attendre les résultats de l'évaluation environnementale stratégique en cours et qu'il ne faut rien précipiter, contrairement à ce que préconise la CAQ, qui insiste pour que le Québec retire rapidement les redevances des futurs projets d'extraction, afin de rembourser la dette.

L'idée d'exploiter les gisements pétroliers du golfe suscite de l'inquiétude, voire de l'opposition aux Îles-de-la-Madeleine, en raison des risques écologiques pour les écosystèmes et pour l'industrie de la pêche.

«On ne peut pas présumer des décisions qui vont être prises (au terme de l'évaluation environnementale), et (la renonciation à l'exploitation est) une des hypothèses qui doit être envisagée», a déclaré Mme Marois en réponse aux journalistes.

En ne fermant aucune porte, mais en envisageant clairement de ne pas toucher aux hydrocarbures du fleuve, le Parti québécois flirte ainsi avec à la fois les partisans et les opposants afin de déloger le député libéral sortant des Îles, Germain Chevarie. Le PQ lui oppose Jeannine Richard, une ex-présidente du parti aux Îles. Le parti a déjà régné sur les Îles avec un ministre, Maxime Arseneau.

Dans une assemblée partisane en après-midi, Pauline Marois a soulevé l'enjeu.

Parmi la centaine de personnes présentes, quelques-unes brandissaient une affiche disant «pétrole et gaz - moratoire dans le golfe» et Mme Marois en a fait mention.

Elle a assuré qu'il y aura «des études, des débats, la population sera consultée, aura son mot a dire, dans le golfe, l'estuaire».

Old Harry fait l'objet d'une entente entre Québec et Ottawa depuis l'an dernier, après des années de différend. En vertu de cette entente, Québec pourra toucher 100 pour cent des redevances des hydrocarbures extraits. Québec doit toutefois s'entendre avec Terre-Neuve sur le tracé qui reste litigieux, sinon le fédéral nommera son arbitre, ce qui suscite le mécontentement du PQ.

La position du PQ contraste avec celle de la Coalition avenir Québec (CAQ).

En conférence de presse à Montréal, le chef de la CAQ François Legault, a indiqué que son parti souhaiter rapatrier à Québec le processus d'évaluation environnementale actuellement mené à Ottawa. Il a aussi réitéré son préjugé favorable à l'égard de l'exploitation du gisement Old Harry.

«Il est temps qu'on accélère tout en faisant les choses correctement, a-t-il affirmé. On ne peut pas se permettre le luxe, au Québec, de ne pas regarder l'exploitation pétrolière. C'est peut-être la chance ou jamais de rembourser la dette qu'on a.»

Par contre, la CAQ s'oppose à toute exploitation du gaz de schiste tant que les technologies qui y sont associées ne seront pas plus perfectionnées.

Dans un rassemblement militant lundi soir à Chandler en Gaspésie, Mme Marois a pris un engagement.

À l'instar du comité de relance de la région qu'un gouvernement issu du PQ avait formé durant son règne précédent, elle mettra sur pied un comité de développement de la Gaspésie qu'elle présidera à titre de premiere ministre, si le PQ forme le prochain gouvernement.

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