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Un débat sur l'oléoduc Northern Gateway aura lieu au sein de l'Église unie

06/08/2012 04:17 EDT | Actualisé 06/10/2012 05:12 EDT

EDMONTON - Les Églises unies des quatre coins du pays soutiennent qu'elles ont un devoir religieux de se prononcer sur le controversé projet d'oléoduc Northern Gateway.

La semaine prochaine, les délégués de l'Église unie du Canada profiteront de leur conseil général à Ottawa pour débattre d'une résolution voulant que l'église rejette la construction de ce projet de 6 milliards $ d'Enbridge (TSX:ENB).

Cet oléoduc assurerait le transport du pétrole brut tiré des sables bitumineux de l'Alberta jusqu'aux réservoirs de Kitimat, en Colombie-Britannique, pour ensuite être acheminé en Asie.

Cette résolution viendrait appuyer les droits des Autochtones de la Colombie-Britannique, qui craignent de voir un déversement de pétrole polluer leur territoire.

L'Église unie du Canada devrait ensuite transmettre les résultats du vote au gouvernement fédéral, aux gouvernements de l'Alberta et de la Colombie-Britannique, ainsi qu'aux médias, en vertu de la résolution.

La modératrice de l'Église unie du Canada, Mardi Tindal, affirme que les préoccupations relatives à l'environnement font partie de la foi, et que l'église doit prendre part au débat sur l'oléoduc Northern Gateway même s'il s'agit d'un dossier épineux sur le plan politique.

«Les gens prennent cet enjeu tellement à coeur. Ils comprennent qu'on ne peut séparer la santé économique de la santé environnementale», a-t-elle expliqué au téléphone depuis Toronto. «L'Église a la responsabilité de contribuer aux discussions qui visent à mettre en place les meilleures politiques publiques pour le bien commun.»

L'Église unie du Canada n'est d'ailleurs pas seule: plus tôt cette année, les évêques anglicans de la Colombie-Britannique et du Yukon ont émis une déclaration remettant en question l'intégrité de l'étude d'impact environnemental du projet. Le diocèse de New Westminster de l'Église anglicane du Canada a annoncé son opposition sans concession au projet Northern Gateway, et envisage d'exclure le titre d'Enbridge de son portefeuille d'investissements.

Ving-huit églises de Colombie-Britannique ont envoyé une lettre au premier ministre Stephen Harper, accusant le gouvernement de réduire les études environnementales, et de diaboliser les opposants en les qualifiant de radicaux qui tentent de saboter l'économie canadienne.

La vice-présidente d'Enbridge, Janet Harder, a déclaré que la compagnie avait travaillé fort pour expliquer le projet aux citoyens vivant le long du tracé de l'oléoduc de 1200 kilomètres, mais qu'elle n'en avait pas fait assez pour l'expliquer aux autres Canadiens.

Mme Harder a ajouté qu'Enbridge prévoyait divulguer de nouvelles informations cet automne à propos des normes environnementales qu'elle devra respecter pour l'oléoduc et de la façon dont l'entreprise protégerait les océans en cas de déversement. On pourrait également retrouver, parmi ces informations, une campagne publicitaire en Colombie-Britannique et en Alberta, et peut-être ailleurs au pays.

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