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Plus de 400 scientifiques en voyage sur Mars grâce au robot Curiosity

06/08/2012 02:30 EDT | Actualisé 06/10/2012 05:12 EDT

Imaginez quelque 400 scientifiques en voyage sur une autre planète, pendant lequel chacun va vouloir s'arrêter sur le moindre caillou trouvé sur le chemin: voici à quoi devrait ressembler les deux prochaines années pour le robot Curiosity, arrivé avec succès lundi sur Mars.

Les Terriens piaffent d'impatience à l'idée d'explorer le cratère de Gale, où de l'eau a probablement coulé par le passé, selon les scientifiques de la mission Mars Science Laboratoy (MSL), et où Curiosity s'est posé avec succès lundi au terme de plus de huit mois de voyage dans l'espace.

L'objectif est de faire monter Curiosity sur la Mont Sharp, une montagne de 5.000 mètres d'altitude s'élevant au milieu du cratère, et où certaines couches de sédiments pourraient remonter jusqu'à un milliard d'années.

Mais il faudra probablement attendre un an avant que le robot télécommandé n'arrive au pied du Mont Sharp, qui se trouverait à 20 kilomètres environ du point d'atterrissage de Curiosity.

"Nous voulons être sûrs que nous sommes complètement opérationnels avant de nous lancer à travers les plaines environnantes", a déclaré John Grotzinger, le scientifique en chef de la mission. "Dans un an environ nous devrions être au pied du Mont Sharp, car l'endroit où nous nous sommes posés a l'air bigrement intéressant et nous ne voulons pas le quitter sans l'avoir bien étudié".

Tout d'abord, une série de tests vont être réalisés sur le robot -- de la taille d'une petite voiture -- dans les prochaines semaines.

Ensuite, viendront les inévitables chamailleries et questions du type "quand est-ce qu'on arrive ?", comme l'expliquait avec humour Richard Cook, responsable de systèmes de vol au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de Pasadena (Californie).

"Ma vision de la mission, c'est que cela revient à faire un voyage en famille, en voiture, de Pasadena à Chicago", dit-il. "A ceci près que votre famille est composée de 400 scientifiques qui veulent s'arrêter et étudier chaque caillou trouvé sur le chemin".

L'un des aspects des tests sera de vérifier les différents instruments scientifiques embarqués à bord de Curiosity, qui emporte notamment avec lui la ChemCam -- un outil d'analyse de la roche de conception française, qui allie un laser, un téléscope et une caméra -- et un petit laboratoire d'analyses chimiques.

L'un des instruments, le Radiation Assessment Detector (RAD), a déjà collecté des informations sur les radiations reçues par le vaisseau qui transportait Curiosity depuis son lancement en novembre dernier, notamment après cinq éruptions solaires.

L'instrument a enregistré des données sur l'énergie atomique en provenance du soleil, qui pourrait constituer un danger pour les astronautes si une mission habitée devait un jour faire le voyage sur Mars, comme le souhaite le président Barack Obama, d'ici à 2030.

L'espérance de vie de deux ans de Curiosity est déjà beaucoup plus longue que celle des derniers engins de la Nasa à avoir touché le sol martien en 2004.

Les robots Spirit et Opportunity fonctionnaient à l'énergie solaire et étaient conçus pour durer trois mois. Mais Spirit a connu une superbe carrière de six ans et Opportunity continue à fonctionner.

"La mission a été pensée pour deux ans, mais je pense que si elle dure deux fois plus, personne ne sera surpris", a affirmé Pete Theisinger, directeur de l'ingénierie et l'un des pères de la mission au JPL.

"Et c'est la première fois qu'on me fait parler d'un horizon de plus de deux ans. Nous ne sommes pas pressés, OK ? On ne va pas tout gâcher", dit-il.

ksh/rr/are

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