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Le Parti québécois promet d'assainir le financement des partis politiques

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PAOLO CATANIA
Paolo Catania après son arrestation, le 17 mai dernier. (Ryan Remiorz/PC) | PC

MONTRÉAL - Le Parti québécois promet de mettre un terme à l'influence de l'argent en politique.

Trois candidats péquistes, Bertrand St-Arnaud, Bernard Drainville et Nicolas Girard, ont fait une sortie publique lundi pour rappeler les mesures qu'entend prendre le PQ en ce sens dans l'espoir de reprendre le haut du pavé sur le terrain de la lutte à la corruption.

Depuis l'annonce de l'arrivée de l'ancien chef de l'Unité anticollusion Jacques Duchesneau au sein de la Coalition avenir Québec, le PQ redouble d'efforts pour tenter de se dépeindre comme la formation la mieux placée pour assainir la politique.

En énumérant les scandales révélés au grand jour par les députés du PQ, M. Girard a soutenu qu'un gouvernement péquiste s'affairerait à débusquer tous les nids de corruption.

«Un homme seul, fût-il un Eliot Ness, ça ne suffit pas», a-t-il lancé, en référence au coup d'éclat de la veille de la Coalition avenir Québec.

Un gouvernement péquiste limiterait ainsi à 100 $ le montant des dons aux partis politiques et assurerait à ceux-ci un financement public, une mesure à coût nul qui serait financée par l'élimination du crédit d'impôt pour les dons aux partis.

«Les libéraux ont complètement perverti le système en exigeant des ministres qu'ils atteignent un quota de 100 000 $ par année; Jean Charest a placé son gouvernement sous influence. En formant le gouvernement, le Parti libéral a ainsi doublé les contributions qu'il reçoit, ce qui est complètement ahurissant», a soutenu M. St-Arnaud.

Les trois députés ont ensuite tenté de démontrer la nécessité d'une telle démarche en dévoilant ce qu'ils estiment être un exemple d'influence d'une organisation dont les proches sont de généreux donateurs aux Parti libéral du Québec.

Selon le PQ, la Fondation F. Catania a obtenu en juillet 2008 dans une vente de gré à gré facilitée par le gouvernement Charest un terrain appartenant à la Commission scolaire Riverside pour 600 000 $ afin d'y construire un centre communautaire à Brossard.

En septembre de la même année, une enveloppe de 3,8 millions $ est accordée à la Fondation F. Catania par le gouvernement libéral en aide au projet.

Un an plus tard, le terrain était revendu par la Fondation F. Catania pour 1,6 million $ à un promoteur qui y a érigé des condos, ce qui représente une perte sèche d'un million de dollars pour la commission scolaire, une situation que le péquiste Bernard Drainville qualifie d'inacceptable tant pour les contribuables que pour les élèves de la commission scolaire.

Au dire de M. Drainville, le gouvernement Charest avait le devoir moral de tenter de remettre la main sur le terrain après avoir appris que le projet de centre communautaire n'irait pas de l'avant.

«Comment se fait-il que le million se retrouve dans les poches de Catania, comment se fait-il que ce soit un ami du parti qui empoche?», a lancé M. Drainville.

«Comment se fait-il qu'il n'y ait pas eu personne au gouvernement pour essayer de récupérer le terrain après avoir appris qu'il ne servirait pas l'intérêt public mais celui de Catania? On n'a toujours pas de réponse et une campagne électorale c'est fait pour avoir des réponses», a-t-il poursuivi.

La chef du Parti québécois, Pauline Marois, a convenu que les gestes que dénonce sa formation n'ont, à première vue, rien d'illégaux. «Il n'y a rien d'illégal, mais entre vous et moi, n'y a-t-il pas quelque chose d'un peu questionable du fait qu'on cède un terrain pour une fin et par la suite, on décide de l'utiliser à d'autres fins», a commenté Mme Marois, en point de presse à Chandler.

La ministre de l'Éducation Michelle Courschesne, qui a décidé de ne pas se représenter, s'est défendue en affirmant, par voie de communiqué, «qu'aucune subvention n'a été versée pour ce projet, puisque la Fondation n'a pas signé le protocole d'entente soumis par le ministère des Affaires municipales».

De son côté, en conférence de presse à Drummondville, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault n'a pas attaqué les libéraux sur ce dossier, préférant s'en prendre au PQ.

«La spécialité du Parti québécois, c'est de dénoncer mais jamais de proposer des solutions», a-t-il lâché.

M. Legault s'est par ailleurs dit à l'aise avec le don de 1000 $ qu'un dénommé Paolo Catania a versé à la CAQ au cours des derniers mois. Il a affirmé que le parti ne promettait «rien» à aucun de ses donateurs et que de toute façon, il n'était pas certain que le Paolo Catania en question est bien celui qui est accusé de fraude, de complot et d'abus de confiance en lien avec l'affaire du projet immobilier Faubourg Contrecoeur, à Montréal.

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