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La sonde robotisée Curiosity s'est posée sans incident sur la planète Mars

06/08/2012 09:33 EDT | Actualisé 06/10/2012 05:12 EDT

PASADENA, États-Unis - Le plongeon audacieux de la sonde Curiosity dans l'atmosphère martienne a été réussi à la perfection.

La sonde s'est posée de manière spectaculaire, a indiqué un scientifique de l'agence spatiale américaine, la NASA, au moment de décrire les premières images renvoyées par le robot mobile.

Quelques heures après que la NASA ait constaté l'arrivée sans pépin de la sonde, les ingénieurs et les scientifiques ont pu jeter un premier coup d'oeil aux manoeuvres délicates qui ont été nécessaires pour qu'elle se rende à destination.

«C'est une image spectaculaire», a dit le scientifique Luther Beegle. La photo, prise par un autre engin en orbite autour de Mars, montre Curiosity suspendue à son parachute supersonique pendant sa descente.

Des efforts sans précédent ont été nécessaires puisque la sonde pèse une tonne et que l'atmosphère martienne est très mince, n'offrant que peu de résistance pour ralentir le robot.

D'autres images, y compris de la vidéo et des clichés en couleur pris sur la surface, suivront au cours des prochains jours. Curiosity ne commencera pas à fouiller le sol martien avant quelques semaines.

Après un voyage de plus de huit mois et 570 millions de kilomètres, des applaudissements et des cris de joie ont salué dimanche soir — au Jet Propulsion Laboratory (JPL) de Pasadena, en Californie — la réussite de cet atterrissage. «Atterrissage confirmé, a lancé un ingénieur, Allen Chen. Nous sommes en lieu sûr sur Mars.»

«Il semble que nous ayons atterri dans un endroit plat et charmant. Magnifique, vraiment magnifique», a affirmé un autre ingénieur, Adam Steltzner, responsable de l'équipe qui a travaillé sur l'organisation de l'atterrissage.

«Je félicite et remercie tous les hommes et les femmes de la NASA qui ont fait une réalité de cet objectif remarquable», a affirmé le président américain Barack Obama dans un communiqué. Il a salué un «exploit technologique qui restera un moment de fierté nationale pendant longtemps à l'avenir.»

C'est la septième fois que la NASA se pose sur Mars. Quelques minutes après l'atterrissage, Curiosity a renvoyé les premières photos en noir et blanc depuis l'intérieur du cratère. L'image montre une de ses roues et son ombre projetée par le soleil d'après-midi.

L'ambiance était tellement joyeuse à Pasadena que le directeur du JPL, Charles Elachi, a dû demander le retour au calme pour tenir une conférence de presse. Il a comparé ses collaborateurs à des équipes d'athlètes allant aux Jeux olympiques. «Cette équipe est revenue avec l'or», a-t-il déclaré.

Curiosity s'est posé au pied du Mont Sharp (4800 mètres), situé au centre de ce cratère de 155 kilomètres de diamètre, creusé il y a plus de trois milliards d'années par l'impact d'une météorite et qui a pu être occupé par un lac. Les différentes strates géologiques du Mont Sharp sont comme un livre ouvert, témoin de l'histoire de Mars. L'endroit semble avoir été inondé dans le passé, ce qui en ferait un lieu propice à l'éclosion de la vie telle que nous la connaissons.

De précédentes visites sur Mars ont permis de découvrir de la glace près du pôle Nord martien et des signes qu'ony retrouvait de l'eau liquide à une époque où la planète était plus chaude et plus humide qu'aujourd'hui.

«Les roues de Curiosity ont commencé à déblayer le chemin pour la venue de l'Homme sur Mars», a dit le directeur de la NASA, Charles Bolden.

L'arrivée de la sonde nucléaire sur Mars a été précédée par ce que les responsables ont appelé «les sept minutes de terreur», pendant lesquelles la sonde a traversé l'atmosphère martienne à une vitesse d'environ 20 000 kilomètres/heure. Lors d'une scène digne de Hollywood, des câbles ont ensuite délicatement descendu la sonde vers la surface à moins de 5 kilomètres/heure.

On retrouve à bord de Curiosity un petit appareil de la taille d'un cube Rubik fourni par l'Agence spatiale canadienne (ASC). L'instrument, appelé spectromètre d'analyse à particules alpha et à rayons X (APXS), étudiera la composition chimique des roches et du sol de Mars afin d'établir si celle-ci a déjà été, ou constitue toujours, un environnement capable de soutenir une vie microbienne.

L'ASC a expliqué par voie de communiqué que l'APXS est l'un des dix instruments scientifiques installés sur Curiosity. Il permettra de déterminer la composition chimique des roches et du sol de Mars en vue d'établir l'histoire géologique de la planète, d'identifier les changements qui auraient pu être causés par l'eau, et de faire le tri des échantillons pour les instruments de laboratoire embarqués.

En sondant son passé, Curiosity va tenter de déterminer si la planète rouge a pu un jour connaître des conditions favorables à l'apparition de la vie, dont la présence d'eau, d'une source d'énergie et de molécules organiques. La sonde compte sur un long bras robotisé qui peut creuser la roche et le sol. Elle cherchera les ingrédients essentiels à la vie, notamment des composés à base de carbone, de l'azote, du phosphore, du soufre et de l'oxygène, ainsi que des minéraux qui donneraient des indices au sujet de possibles sources d'énergie.

Curiosity est aussi capable de mesurer la radiation à la surface de la planète rouge. De plus, la sonde a surveillé les fluctuations des radiations auxquelles elle a été exposée pendant son périple vers Mars, de manière à aider la NASA à mieux comprendre les risques auxquels sera confrontée une éventuelle mission habitée.

Les responsables procéderont à des tests au cours des prochaines semaines avant de lancer Curiosity à la découverte de Mars.

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