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La pénurie d'hélium menace les chercheurs en plus des ballons gonflables

06/08/2012 05:33 EDT | Actualisé 06/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - La diminution des stocks d'hélium à l'échelle mondiale ne met pas en danger que les ballons de fêtes d'anniversaires.

Le gaz précieux et non renouvelable a d'importantes applications dans les secteurs manufacturier, de la recherche scientifique et des soins médicaux, y compris des recherches à la fine pointe de la technologie sur les maladies respiratoires dans un laboratoire ontarien.

Alors que la pénurie s'accroît, la hausse des coûts remet ces recherches en question.

Selon Grace Parraga, une professeure et chercheuse au Robarts Research Institute de l'University of Western Ontario, les recherches scientifiques sont devenues difficiles à mener en raison de leur coût prohibitif.

Même en profitant d'une réduction accordée pour la recherche scientifique, elle a indiqué que son laboratoire payait 795 $ par litre de gaz. Il s'agit d'une forte hausse comparativement au prix de 300 $ payé il n'y a pas si longtemps.

Mme Parraga soutient qu'elle n'a pas été en mesure de mener une véritable étude clinique en raison des prix élevés.

Dans le cadre de sa recherche, l'hélium est soufflé dans les poumons et suivi à l'aide d'un système sur un moniteur, permettant aux chercheurs de mesurer directement, pour la première fois, l'impact de plusieurs traitements. Ils ont testé d'autres gaz, mais aucun autre n'est aussi efficace que l'hélium, qui est sans danger lorsqu'inhalé.

La hausse du coût de l'hélium pourrait également être un problème pour les appareils de résonance magnétique, refroidis à l'hélium liquide, et pour l'industrie spatiale, qui en utilise de grandes quantités pour ses engins spatiaux.

Au dire de John Beamish, un professeur de physique à l'université de l'Alberta, les stocks d'hélium diminuent et la gestion du gaz, stocké entre autres en grandes quantités aux États-Unis, doit être entièrement laissée entre les mains du secteur privé dans ce pays d'ici 2015.

Il reste encore amplement d'hélium, avance M. Beamish, qui affirme que moins de la moitié des stocks mondiaux ont été utilisés. Mais les quantités restantes seront plus difficiles et coûteuses à extraire.

Le professeur Beamish prévoit que la baisse des stocks forcera certains secteurs à se tourner vers d'autres options, tandis que le recyclage du gaz pourrait être une solution pour d'autres secteurs.

Les ballons gonflables, y compris les ballons météo, ne représentent que cinq pour cent de l'usage du gaz rare.

Certains experts croient malgré tout que la vente de ballons gonflables pour des fêtes devrait être interdite pour préserver la ressource.

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