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JO-2012 - La pin's mania s'essouffle à Londres

06/08/2012 12:15 EDT | Actualisé 06/10/2012 05:12 EDT

Yannis le Grec et Arvy le Canadien se retrouvent tous les deux ans à l'occasion des JO pour troquer et parfois vendre des pins olympiques à des collectionneurs et néophytes, qui se disent très vite "accrocs", mais à Londres, les affaires ne sont pas vraiment au rendez-vous.

"On s'est rencontré à Atlanta" en 1996, et depuis "on fait tous les Jeux d'hiver et d'été ensemble, on est devenus amis", explique Yannis Ioannidis, 47 ans, bob, veste et sac couvert de pin's des jeux de Sydney, Pékin, Turin, Vancouver...

L'aire de pique-nique entre la piscine et le stade olympiques de Londres a des airs de marché au troc. Sur des feutrines, cartons ou cadres, une dizaine de collectionneurs proposent une multitude de badges des JO aussi exotiques que ceux des comités olympiques de Mongolie et des Seychelles.

Sur le "stand" de Yannis, Jack, 7 ans, a repéré une panthère rose brandissant le drapeau britannique. "Je l'échange contre cinq pins", explique le collectionneur.

Affaire conclue. Jack lui donne en échange plusieurs badges des JO d'Athènes de 2004 représentant le Parthénon. "Je pourrai les vendre en Grèce" pour quelques euros, assure dans un anglais approximatif Yannis, qui fait les marchés aux puces à Athènes.

Mais cette année, le troc et le commerce des pin's, sous le manteau, à l'extérieur des sites olympiques, a du mal à prendre, reconnaissent les collectionneurs.

Jim Schmidt de Milwaukee (Wisconsin, Etats-Unis) comptait payer son voyage avec la vente de pin's, comme à Pékin, Turin et Vancouver. "Mais je serai content si j'arrive à payer la nourriture et les bières", constate-t-il, posté à l'entrée du parc.

"Le seul endroit où l'on arrive à vendre c'est dans les bars", ajoute-t-il entre deux poses photo pour les touristes impressionnés par sa veste couverte de pin's.

"Les Britanniques sont assez stricts" sur le commerce des badges, considéré de fait comme de la vente à la sauvette et donc illégale. "Pékin était plus ouvert", se rappelle Sidney Marantz du club "Olympin", spécialisé dans la collection de pin's olympiques.

Dans ces conditions, Tim se rabat sur le troc. "J'ai conclu un marché avec un policier. A la fin des Jeux, il m'échangera son casque contre cinq pin's", affirme-t-il. Un autre collectionneur, espagnol, troque lui pin's contre entrée au parc olympique.

"On fait la collection de badges, mais on fait surtout la collection de rencontres", estime Timothy Adcox, un Américain de 59 ans. Les pin's "sont un moyen de parler aux gens."

"Chez moi, je mets les badges sur des cadres et ils sont la mémoire des gens que j'ai rencontrés", raconte Bobby Patcheke, un Américain qui économise déjà 80 euros par mois pour aller aux JO de Rio, en 2016.

"A l'origine, les pin's étaient échangés entre les participants des JO, c'était une façon de casser la glace", raconte Sidney. Mais à partir de Montréal en 1976, les spectateurs s'y sont mis. Et les sponsors aussi.

Dans le parc olympique de Londres, Coca-Cola a un stand dédié aux pin's, vendus entre 6 et 57 euros, et propose, en édition limitée, le "pin's du jour".

"J'ai commencé à collectionner il y a dix jours", témoigne Steve Angell, qui travaille dans l'audiovisuel et cherche à accumuler des pin's des JO de Londres et du groupe audiovisuel américain NBC. "C'est comme dealer de la drogue, sauf que c'est légal et a beaucoup moins de conséquences. Là j'essaie d'avoir ma dose", explique ce trentenaire, en allant d'un stand à l'autre.

bed/dh/jmt

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