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JO-2012 - Bolt, le plus grand de l'histoire par le palmarès

06/08/2012 07:50 EDT | Actualisé 06/10/2012 05:12 EDT

Le Jamaïcain Usain Bolt, qui a conservé dimanche soir le titre olympique du 100 m en 9 sec 63/100, 2e chrono de tous les temps derrière sa marque de 9 sec 58 des Mondiaux 2009 à Berlin, est sans conteste à 25 ans le plus grand sprinteur de l'histoire par le palmarès.

Mais il reste néanmoins un doute si on se risque à des comparaisons, toujours bien fragiles, d'une époque à l'autre.

Ainsi, l'Américain Bob Hayes, champion olympique sur la cendrée de Tokyo en 1964, possédait probablement une cylindrée encore plus puissante.

Ors et records. En conservant le titre le plus prestigieux de l'athlétisme, et avec trois médailles d'or individuelles en sprint aux jeux Olympiques, Bolt a déjà égalé doublement l'Américain Carl Lewis. Mais le sprinter de l'Alabama avait bénéficié en 1988 du déclassement du Canadien Ben Johnson (dopage aux stéroïdes) pour garder sa couronne. Encore favori du 200 m, Bolt devrait devenir à Londres le plus titré. Et, de plus, il détient les deux records du monde, alors que Lewis n'a jamais possédé celui du demi-tour de piste.

Des moyens abnormaux. Par sa morphologie (1,95/94 kg selon son site), Bolt est une exception en un siècle d'athlétisme. Un gabarit d'ailier en basket-ball. Mais il allie une foulée très ample (2,75 m) et une fréquence remarquable pour sa taille. Or c'est ce rapport qui explique sa domination. Lors de la finale londonienne, il a avalé la ligne droite en 41 foulées contre 43 à son compatriote et dauphin Yohan Blake.

Des limites encore inexplorées. Différentes études, biomécaniques notamment, montrent que Bolt peut courir encore plus vite, notamment sur 200 m s'il améliore sa résistance à l'effort "prolongé". Des chronos de 9.48 et 18.95 (le record planétaire de Bolt est de 19 sec 19) sont ainsi envisagés. Son entraîneur Glen Mills pense que c'est possible, mais à deux conditions: que Bolt ne soit pas miné par des problèmes physiques, dorsaux en particulier, et qu'il se consacre entièrement à son sport.

Impression. Pour les quelques observateurs survivants des J0 de Tokyo, en 1964, il n'y a pas de Bolt. Le Floridien Bob Hayes reste le plus grand. Plus par l'impression visuelle dégagée, notamment en finale du 4x100 m, que par le chrono évidemment. Rien à voir entre la cendrée médiocre de Tokyo, qui plus est mouillée, et le synthétique sur mesure des stades de Pékin, Berlin et Londres. Les techniciens estiment la différence chronométrique à 25/100e. En finale du 100 m, Hayes avait été chronométré en 10.05.

Professionnalisme. L'athlétisme, comme beaucoup d'autres sport, nourrit bien ses champions. Fini le temps où le sport de haut niveau n'était qu'une brève parenthèse de jeunesse. Hayes, double champion olympique à 21 ans, arrêta le sport amateur dans la foulée pour passer -avec succès- au football américain. Il remporta même le Super Bowl en 1971 avec Dallas.

Concurrence. A Pékin, tout en améliorant des records du monde, Bolt s'était amusé. Les J0 de Londres ont proposé un Bolt plus concentré, même s'il reste un showman. Sa marge, encore nette sur ses adversaires, s'est néanmoins réduite. Blake, 22 ans, n'est pas si loin et peut espérer, à force de travail, combler l'écart dans les prochaines années.

Futur. Le sprinteur du futur pourrait avoir l'amplitude de la foulée +boltienne+ et la fréquence de Blake. "Ce n'est pas impossible si on considère que la taille moyenne augmente encore, mais moins vite que lors des dernières décennies", souligne un généticien. Une généalogie qui fait rêver Glen Mills, entraîneur heureux des deux meilleurs sprinters du monde.

asc/ep

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