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Fusillade dans un temple sikh: le tireur était un ancien militaire

06/08/2012 11:29 EDT | Actualisé 06/10/2012 05:12 EDT

OAK CREEK, États-Unis - Le tireur qui a tué six personnes dans un temple sikh en banlieue de Milwaukee, dans le Wisconsin, avant d'être abattu par un policier était un ancien militaire de 40 ans, ont révélé lundi les autorités américaines.

La police a qualifié l'incident survenu dimanche d'acte de terrorisme intérieur. Le FBI a pour sa part déclaré qu'il n'y avait aucune raison de croire que le suspect avait des complices et que, à sa connaissance, le temple n'avait jamais fait l'objet de menaces par le passé.

Greg Haanstad, un représentant de la justice américaine à Milwaukee, a identifié le tireur comme étant Wade Michael Page. Un représentant du département de la Défense a révélé sous le couvert de l'anonymat que Page avait été renvoyé de l'armée en 1998 et déclaré inapte à servir.

Selon les autorités et les témoins, le suspect est entré dans le temple sikh et a ouvert le feu alors que des dizaines de fidèles s'y préparaient pour le service du matin. Six personnes ont été tuées et trois autres ont été grièvement blessées.

Le bureau fédéral américain de l'alcool, du tabac, des armes et des explosifs a indiqué que Page avait utilisé une arme de poing achetée légalement et la police du Wisconsin a précisé qu'elle n'avait jamais eu affaire à lui avant dimanche.

Cet incident est survenu deux semaines après la fusillade qui a fait 12 morts dans un cinéma d'Aurora près de Denver au Colorado.

Lundi, le président Barack Obama a affirmé que ce type d'acte violent se produisait trop souvent au pays. Il a promis de trouver d'autres moyens de réduire la violence mais n'est pas allé jusqu'à proposer une nouvelle loi pour contrôler les armes à feu, un sujet très controversé aux États-Unis.

Selon le Southern Poverty Law Center (SPLC), un organisme de défense des droits civiques, Wade Michael Page était un «néo-nazi frustré» membre d'un groupe de musique prônant la suprématie de la race blanche.

Mark Potok, un membre du SPLC, a toutefois souligné qu'aucune recherche n'avait permis d'établir que les suprématistes détestaient les sikhs, laissant entendre que Page les avait peut-être pris pour des musulmans en raison de leurs longues barbes et de leurs turbans.

Le tireur s'est joint à l'armée en 1992 et a travaillé comme réparateur pour le système de missiles Hawk avant de devenir un spécialiste des opérations psychologiques au sein d'un bataillon basé à Fort Bragg, en Caroline du Nord.

D'après deux représentants du département de la Défense, il a été renvoyé en 1998 après s'être saoulé alors qu'il était en fonction et s'être absenté sans permission.

Des témoins de la fusillade de dimanche ont raconté que le suspect avait l'air d'avoir un objectif et d'être conscient de ce qu'il était en train de faire. Le neveu du président du temple, Harpreet Singh, a rapporté les impressions de sa tante, qui a vu le tireur entrer dans le lieu de culte. «Il n'a pas prononcé un mot et a simplement commencé à tirer», a-t-il dit.

Le chef de la police d'Oak Creek, John Edwards, a indiqué que Page avait ouvert le feu sur l'un des premiers policiers à s'être présentés au temple alors que ce dernier tentait de porter secours à l'une des victimes, tirant à huit ou neuf reprises avec une arme de poing. Un autre policier a riposté et blessé mortellement le suspect.

Le policier blessé et deux autres personnes se trouvaient dans un état critique lundi, ont annoncé les autorités. Quatre corps ont été découverts à l'intérieur et deux à l'extérieur du temple, en plus de celui du tireur.

Lundi, des manifestations dénonçant la fusillade se sont déroulées dans plusieurs villes de l'Inde, où résident la majorité des quelque 27 millions d'adeptes que compte le groupe religieux sikh.

Le premier ministre indien, Manmohan Singh, lui-même de confession sikhe, a soutenu qu'il s'agissait d'une «attaque odieuse».

«Que cet acte de violence insensé ait eu pour cible un lieu de culte est particulièrement affligeant», a-t-il déclaré dans un communiqué.

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