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Attaque dans le Sinaï: les Frères musulmans pointent du doigt le Mossad

06/08/2012 01:56 EDT | Actualisé 06/10/2012 05:12 EDT

Les Frères musulmans égyptiens ont évoqué lundi une possible implication des services secrets israéliens dans l'attaque qui a coûté la vie à 16 gardes-frontière la veille, estimant que l'assaut visait à affaiblir le président Mohamed Morsi, issu de leurs rangs.

"Ce crime peut être attribué au Mossad, qui tente de faire avorter la révolution depuis qu'elle a eu lieu et la preuve en est qu'il a donné pour instruction à ses citoyens sionistes se trouvant dans le Sinaï de partir immédiatement il y a plusieurs jours", a affirmé la confrérie islamiste sur son site internet.

La confrérie a jugé que l'attentat visait notamment à "tenter d'entraver le projet de réforme du président", à montrer que son tout nouveau gouvernement est en situation "d'échec", et à "créer un gros problème pour l'Egypte (...) à la frontière en plus de problèmes internes".

Pour les Frères, l'assaut prouve également que "nos forces présentes dans le Sinaï ne suffisent pas à le protéger ni à protéger nos frontières, ce qui rend impératif de revoir les articles du traité signé entre nous et l'entité sioniste".

L'armée égyptienne n'est que très faiblement présente dans la péninsule désertique en raison de la démilitarisation de ce secteur prévue par les accords de paix avec l'Etat hébreu.

A Gaza, le chef du gouvernement du mouvement islamiste Hamas Ismaïl Haniyeh a lui aussi accusé Israël d'être "responsable, d'une manière ou d'une autre," de l'attaque.

L'armée égyptienne a promis lundi de "venger" les 16 gardes-frontière tués dimanche par des "terroristes" qui se sont ensuite infiltrés en Israël avant d'être neutralisés, accusant des éléments de l'enclave palestinienne de Gaza d'avoir appuyé les assaillants.

Interrogé par des journalistes sur l'identité des auteurs de l'attaque, le porte-parole de la présidence Yasser Ali a seulement dit que "les résultats de l'enquête seraient révélés au plus vite".

Les autorités israéliennes ont mis en garde à de nombreuses reprises contre une recrudescence d'activité de la part de groupes radicaux installés dans le Sinaï ou venant de Gaza.

Cette attaque constitue la première crise sécuritaire grave pour le président Morsi, en fonction depuis fin juin et dont le gouvernement n'est en place que depuis jeudi.

iba/sb

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