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Une ex-présidente irlandaise critique le parti au pouvoir an Afrique du Sud

05/08/2012 04:29 EDT | Actualisé 05/10/2012 05:12 EDT

JOHANNESBOURG, Afrique du Sud - L'ex-présidente irlandaise Mary Robinson a critiqué le parti au pouvoir en l'Afrique du Sud lors d'un discours prononcé en l'honneur de Nelson Mandela.

S'exprimant dimanche dans la ville du Cap, Mme Robinson a déclaré que le Congrès national africain (ANC) ne devait pas aller de l'avant avec un projet de loi sur le secret, en plus de faire allusion à la confidentialité comme étant «l'ennemi de la vérité». Elle a également suggéré de s'attaquer plus directement à la pauvreté et aux inégalités du pays.

Mme Robinson a également souligné que l'«autorité morale de l'ANC avait été érodée» par des allégations de corruption au cours des dernières années.

L'ex-présidente irlandaise prononçait une allocution dans le cadre de la 10e édition des Discours annuels de Nelson Mandela. Elle en profité pour tenté d'orienter les actions du parti de M. Mandela vers la justice sociale.

Tout en reconnaissant le long historique de l'ANC pour établir une véritable démocratie en Afrique du Sud, Mme Robinson a souligné que le pays demeurait «une terre de paradoxes» où les opportunités économiques demeuraient peu nombreuses pour la jeunesse.

«Ces problèmes doivent être réglés si la démocratie sud-africaine arrachée par la peau des dents veut survivre pour les prochaines générations», a-t-elle déclaré.

Mme Robinson, qui est également une ancienne haute commissaire aux droits humains pour les Nations Unies, s'est principalement concentrée sur le projet sud-africain de loi autorisant les secrets gouvernementaux. Le projet de loi, adopté par les législateurs en novembre, rend criminel l'acte de divulguer des secrets d'État, tout en ne permettant pas aux personnes violant cette loi d'éviter la prison même en prouvant qu'ils avaient agi dans l'intérêt public. Le projet de loi criminalise également le fait, pour un responsable, de dissimuler des informations pour camoufler une erreur ou son incompétence, ou tout simplement pour éviter d'être embarrassé.

Ce projet de loi survient alors que l'ANC fait face à une série d'allégations de corruption. Le plus haut responsable des services de police, un membre de longue date de l'ANC, a d'ailleurs été reconnu coupable. Le gouvernement démontre aussi plus d'agressivité envers les journalistes.

«Si vous mettez en place une loi qui obscurcit le fonctionnement des politiciens, qui interfère avec la liberté de la presse d'enquêter sur la corruption, vous allez certainement augmenter le niveau de corruption à l'avenir», a déclaré Mme Robinson.

Nelson Mandela a été emprisonné pendant près de trois décennies en raison de son combat contre l'apartheid. Libéré en 1990, il a mené des négociations pour mettre fin à la domination des Blancs. Il a été élu président lors des premières élections sud-africaines véritablement démocratiques en 1994. Désormais âgé de 94 ans, il a pris sa retraite de la vie publique et n'assistait pas au discours.

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