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Au moins 115 séparatistes kurdes tués depuis deux semaines en Turquie

05/08/2012 03:50 EDT | Actualisé 04/10/2012 05:12 EDT

ANKARA, Turquie - Au moins 115 séparatistes kurdes ont été tués au cours des deux semaines écoulées dans une vaste offensive de l'armée turque dans le sud-est du pays, selon le bilan annoncé dimanche par le ministre turc de l'Intérieur, Idris Naim Sahin.

Les insurgés ont été tués dans une offensive appuyée par des moyens aériens près de la ville de Semdinli, non loin de la frontière irakienne, dans la partie turque du Kurdistan, selon le ministre. L'offensive a commencé le 22 juillet, a-t-il ajouté.

Tôt dimanche matin, des rebelles kurdes avaient attaqué simultanément trois postes militaires dans le sud-est du pays, près de la frontière irakienne, provoquant des affrontements qui ont fait 22 morts, d'après les autorités et des médias.

Les insurgés ont notamment attaqué un avant-poste situé près du village de Gecimili, dans la province de Hakkari, à une vingtaine de kilomètres de la frontière irakienne, selon un communiqué des services du gouverneur de la province, Orhan Alimoglu.

Six soldats, deux gardes du village qui combattaient à leurs côtés, et 14 rebelles kurdes ont été tués dans les affrontements, a-t-on précisé de même source. Au moins 15 soldats, un autre garde du village et cinq civils ont aussi été blessés dans l'attaque.

On ne faisait en revanche pas état de victimes dans les attaques contre les autres postes militaires, situés également dans la province de Hakkari.

Les insurgés disposent de bases dans le nord de l'Irak, d'où ils lancent des attaques contre des cibles turques.

Selon la chaîne de télévision privée NTV, les rebelles ont tiré sur l'avant-poste avec des lance-roquettes et des fusils juste après minuit.

L'armée a annoncé l'envoi de renforts à Hakkari, lançant des opérations terrestres et aériennes pour pourchasser les rebelles, selon les services du gouverneur.

D'après la chaîne de télévision publique TRT, des hélicoptères d'attaque pilonnaient les routes empruntées par les insurgés.

Les dirigeants turcs ont condamné l'attaque, affirmant que le gouvernement était déterminé à continuer sa lutte contre le Parti des travailleurs des Kurdistan (PKK).

Le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a déclaré que l'attaque était une "agression lâche". Il a aussi mis en garde les pays soupçonnés de soutenir le PKK. Il n'en a toutefois nommé aucun, et on ignorait s'il faisait référence à la Syrie, en raison de la présence du PKK dans ce pays.

Les rebelles du PKK se battent pour l'autonomie du sud-est de la Turquie, une région à majorité kurde. Ce conflit a causé la mort de dizaines de milliers de personnes depuis 1984. Le PKK est considéré comme une organisation terroriste par l'Union européenne et les Etats-Unis.

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