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Québec: l'opposition présente un policier de choc aux législatives

05/08/2012 11:46 EDT | Actualisé 05/10/2012 05:12 EDT

Un parti d'opposition, la Coalition avenir Québec (Caq, centre droit) a annoncé dimanche la candidature aux législatives d'un policier de choc devenu figure emblématique de la lutte contre la corruption.

"Si je me lance en politique, avec la Caq, c'est pour faire le ménage (...) pour poursuivre l'action amorcée il y a plus de deux ans. La politique, ce n'est pas pour moi une fin en soi, bien au contraire, mais c'est le moyen de s'assurer que ce qui a déjà été commencé sera achevé", a déclaré Jacques Duchesneau, ancien chef de la police de Montréal, lors d'une conférence de presse pour annoncer sa candidature au scrutin du 4 septembre prochain.

A 63 ans, M. Duchesneau a dirigé pendant deux ans l'unité anti-collusion du ministère des Transports québécois. Il a recueilli des centaines de témoignages lors de son travail d'investigation concernant le financement occulte des partis politiques.

Ce travail, qui l'a rendu très populaire, a débouché sur la création d'une commission publique d'enquête, dite Commission Charbonneau, qui tentera à l'automne de savoir si des systèmes de corruption et de collusion ont perverti le processus d'octroi des contrats publics depuis 15 ans au Québec.

Jacques Duchesneau "va présider un nouveau comité interministériel à l'intégrité et va disposer des ressources nécessaires pour faire son travail. Jacques Duchesneau est devenu au Québec le symbole de l'intégrité. C'est notre Eliot Ness québécois", a déclaré le leader de la Caq, François Legault pour présenter son nouveau candidat.

Si la Caq forme un gouvernement, l'ex-policier y sera vice-Premier ministre, a indiqué le parti qui veut faire de la lutte contre la corruption un élément essentiel de sa campagne.

Dans son intervention diffusée par les télévisions locales à Saint-Jérôme, dans les Laurentides où il a une maison et où il sollicitera les suffrages des électeurs, M. Duchesneau a dénoncé "les municipalités au centre d'un scandale de corruption", "le manque troublant de transparence" de la société d'Etat Hydro-Québec et "le financement illégal des partis politiques".

"La corruption des intouchables, le silence des magouilleurs, et des corrupteurs, c'est assez", a-t-il martelé.

Des soupçons de corruption pèsent sur le gouvernement québécois de Jean Charest. Interrogé dimanche sur la candidature de M. Duchesneau, le leader du parti libéral s'est abstenu de le critiquer, assurant que "chaque candidat méritait l'estime et le respect".

M. Charest s'est défendu du 2/10 que lui a donné M. Duchesneau en matière de lutte contre la corruption en énumérant toutes les mesures et les lois adoptées par son gouvernement, signe de son engagement dans cette lutte. Dès la veille, il avait souligné que son administration avait appliqué les recommandations du rapport de l'ancien policier. Et il s'était attribué une note de 8/10 en la matière.

amch/via/ff

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