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Le robot Curiosity de la NASA doit se sur Mars au cours de la nuit

05/08/2012 11:54 EDT | Actualisé 05/10/2012 05:12 EDT

PASADENA, États-Unis - Après un voyage de plus de huit mois et 570 millions de kilomètres, le robot mobile Curiosity de la NASA, l'engin le plus lourd et élaboré jamais envoyé vers Mars, doit se poser dans la nuit de dimanche à lundi sur la planète rouge, où il cherchera d'éventuelles traces de vie.

"Sept minutes de terreur", selon leurs propres termes, attendent les ingénieurs et scientifiques du Jet Propulsion Laboratory de Pasadena (Californie): "Curiosity" devra passer dans ce court laps de temps de 21 000 km/h à moins de 3 km/h, avant d'atterrir sur le sol martien grâce à une technique inédite, celle de la grue volante...

De taille et poids équivalents à une petite voiture de ville, trois mètres de long pour 900 kilos, Curiosity est cinq fois plus lourd que ses prédécesseurs, les rovers Spirit et Opportunity lancés en 2003. Il ne pourra donc pas se poser comme eux en utilisant de gros ballons pour amortir le choc, qui le disloquerait.

L'agence spatiale américaine a imaginé une nouvelle procédure, éminemment risquée. Le vaisseau de forme conique transportant le robot lancé le 26 novembre 2011 va d'abord entrer vers 125km d'altitude dans l'atmosphère martienne. Elle est plus fine que celle de la Terre, mais un bouclier de protection thermique reste nécessaire pour éviter de s'y consumer lors de la vertigineuse descente, produisant un échauffement dépassant 1000 degrés.

Après largage du bouclier thermique et déploiement d'un grand parachute de freinage, une sorte de grue volante munie de rétrofusées se détachera du vaisseau, à environ 1,5 km du sol. Elle tiendra le robot suspendu par trois câbles afin de le déposer en douceur sur la surface martienne. Toute ces séquences se dérouleront en automatique: les signaux radio mettent environ un quart d'heure pour accomplir le trajet Mars-Terre, ce qui interdit tout pilotage en direct du centre de contrôle au sol.

Doug McCuistion, directeur du programme d'exploration de Mars à la NASA, se dit "confiant" quant à la réussite des opérations, même si "le risque existe toujours". Si tout se passe comme prévu, Curiosity touchera le sol martien à 5h31 GMT lundi (7h31 en France). Les communications radio, selon la NASA, pourraient être perturbées lors de la phase d'atterrissage, retardant l'arrivée du signal confirmant le succès de cette mission de 2,5 milliards $.

Le site d'arrivée prévu est le cratère de Gale, près de l'équateur de Mars. Curiosity doit se poser au pied du Mont Sharp (4800m), situé au centre de ce cratère de 155 km de diamètre, creusé il y a plus de trois milliards d'années par l'impact d'une météorite et qui a pu être occupé par un lac. Les différentes strates géologiques du Mont Sharp sont comme un livre ouvert, témoin de l'histoire de Mars.

En sondant son passé, Curiosity va tenter de déterminer si la planète rouge a pu un jour connaître des conditions favorables à l'apparition de la vie, dont la présence d'eau, d'une source d'énergie et de molécules organiques.

Ce laboratoire mobile, dont l'énergie électrique est fournie par un générateur alimenté par 4,8kg de plutonium radioactif, est un véhicule tout terrain muni de six roues indépendantes. Le robot emporte 80kg d'instruments scientifiques extrêmement perfectionnés, afin d'analyser en détail la composition chimique du sol, et un bras articulé de deux mètres terminé par une foreuse.

Des laboratoires français du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ont conçu certains des instruments, comme le ChemCam (Chemistry Camera) capable d'analyser la composition du sol et des roches alentours jusqu'à 7,5 m de distance. Il utilise un puissant laser, qui vaporise la roche et analyse le rayonnement émis.

Curiosity dispose d'une autonomie d'au moins deux ans. Il mesurera également les radiations, filmera son environnement grâce à différentes caméras et appareils photo. Il embarque aussi une station météo fournissant température, vitesse du vent et degré hygrométrique.

Aucune mission habitée vers Mars n'est prévue dans un proche avenir, en raison du coût et des difficultés techniques. Il faut, entre autres, concevoir un bouclier à la fois compact, efficace et léger pour protéger l'équipage des radiations mortelles de l'espace.

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