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Le père de Wojdan veut poursuivre en justice les détracteurs de sa fille

05/08/2012 07:54 EDT | Actualisé 05/10/2012 05:12 EDT

Le père de la judokate Wojdan Ali Seraj Abdulrahim Shaherkani, première Saoudienne à participer aux jeux Olympiques, a annoncé son intention de poursuivre en justice tous ceux qui ont porté atteinte à sa fille, dans une déclaration publiée dimanche.

"J'ai envoyé un télégramme urgent au ministre l'Intérieur, le prince Ahmed Ben Abdel Aziz, avec des copies de toutes les atteintes mises en ligne sur Twitter", a déclaré Ali Seraj Abdulrahim Shaherkani au quotidien Alsharq.

Le père de la judokate a ajouté avoir chargé un avocat de suivre l'affaire, ajoutant que deux personnes avaient usurpé son identité sur Twitter pour porter atteinte à sa fille et que l'une d'elles avait été arrêtée.

M. Shaherkani a expliqué n'avoir pas de griefs contre ceux qui ont critiqué la performance de sa fille qui n'est restée que 82 secondes sur le tatami vendredi avant d'être balayée par son adversaire, la Portoricaine Melissa Mojica, mais contre ceux qui l'ont insultée ou ont porté atteinte à son honneur.

Beaucoup ont défendu sur les réseaux sociaux la participation de Wojdan aux JO de Londres mais certains, parmi les plus conservateurs, l'ont traitée de tous les noms.

"C'était un honneur pour ma fille de participer à cette compétition et d'avoir représenté l'Arabie saoudite", a déclaré M. Shaherkani, affirmant qu'elle allait reprendre les entraînements en vue des JO de 2016.

Il a indiqué avoir accompagné, avec toute sa famille, Wojdan qui aura bientôt 17 ans à Londres. "Moi et toute la famille sommes fiers de sa participation", a dit le père, un arbitre de judo.

Il a indiqué qu'après le match, l'un de ses fils a reçu un appel téléphonique du patron du sport saoudien, le prince Nawaf ben Fayçal, le félicitant pour la participation de sa soeur aux JO.

M. Shaherkani a enfin affirmé avoir pris en charge toutes les dépenses de la participation de Wojdan aux JO, et n'avoir reçu aucune assurance d'être indemnisé par le Comité olympique saoudien.

Le Comité international olympique avait négocié de haute lutte la présence de deux Saoudiennes, dont Wojdan, aux JO. Le Comité olympique saoudien et la famille avaient exigé que la judokate se présente tête couverte, ce que la Fédération internationale de judo (IJF) interdit pour des raisons de sécurité.

A l'issue d'un compromis, Wojdan s'était présentée sur le tatami la tête couverte d'un bonnet de bain à défaut du voile islamique.

L'Arabie saoudite, qui applique une interprétation rigoriste de l'islam, a autorisé pour la première fois deux filles, Wojdan et Sarah Attar, engagée en athlétisme sur 800 m, à participer aux JO à condition qu'elles respectent un code vestimentaire strict.

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