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L'ambassade canadienne en Chine sont désormais branchés sur les réseaux sociaux

05/08/2012 11:22 EDT | Actualisé 05/10/2012 05:12 EDT

TORONTO, ONTARIO, - Les diplomates travaillant à l'ambassade canadienne à Pékin apprennent la «weiplomatie», et sont encouragés à penser en 140 caractères chinois à la fois, alors que les médias sociaux font paraître obsolètes certaines méthodes diplomatiques.

Des notes d'information internes des Affaires étrangères détaillent le lancement prudent, en juin 2011, d'un «weibo», ou un microblogue, en Chine, un pays qui exerce toujours un contrôle strict sur le dialogue en ligne et qui interdit les géants des médias sociaux Twitter et Facebook.

«Nous sommes entrés dans le monde de weibo avec un esprit ouvert, et avons souvent été surpris par ce que nous y avons trouvé», indique une note rédigée par le responsable diplomatique public quelques semaines après que les premiers messages du compte «Canadaweibo» soient apparus sur le portail web chinois Sina.com

Il s'agissait d'une étape importante pour les diplomates canadiens désirant se tailler une place dans le monde en croissance rapide de la cyberdiplomatie chinoise.

Une série de notes datant de l'été dernier et obtenue par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information démontre que le personnel a rapidement appris que les normes diplomatiques du 20e siècle ne se transposaient pas bien dans l'univers de ce site web semblable à Twitter et comptant 300 millions d'utilisateurs.

Une note d'information indique ainsi que les internautes chinois sont indifférents, voire hostiles à des messages qui semblent bureaucratiques ou complexes.

Ce qui fonctionne le mieux, a-t-on découvert, ce sont les messages sur le tourisme, la nourriture et les études au Canada, ainsi que les informations sur les emplois et les visas.

Les documents sur weibo soulignent le pouvoir du microclavardage pour permettre aux employés de l'ambassade d'évoluer en douceur autour des contrôles mis en place par l'État, histoire de «prendre le pouls» des Chinois branchés sur Internet.

Le porte-parole des Affaires étrangères Jean-François Lacelle a écrit dans un courriel que l'ambassade visait à développer «plusieurs méthodes» pour évaluer l'opinion publique via le service weibo, au-delà des informations de base comme les commentaires et le nombre de réponses ou de renvoi des messages.

Le compte de l'ambassade est alimenté plusieurs fois par jour, et compte plus de 231 000 abonnés.

La volonté canadienne d'accroître les exportations d'énergie et de ressources naturelles en direction de la Chine pourrait en venir à dominer les messages publiés par l'ambassade, estime Josh Greenberg, un professeur de l'Université de Carleton qui étudie l'usage politique des médias sociaux.

«Les messages seront motivés par ces vastes priorités commerciales», plutôt que par la promotion de la culture et du tourisme, a-t-il suggéré.

Le portail Sina.com a toutefois été critiqué pour avoir censuré des messages et effacé des comptes qui pouvaient provoquer la colère du gouvernement communiste, qui gère son propre système de filtrage en ligne.

Le compte de l'ambassade canadienne a été créé à la suite de l'ouverture de comptes similaires par les ambassades américaine, britannique, française, australienne et japonaise.

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