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JO-2012 - La boxe au féminin passe l'anneau olympique

05/08/2012 12:04 EDT | Actualisé 05/10/2012 05:12 EDT

Elena, Mary Kom, Natasha et une vingtaine de boxeuses venues des quatre coins du globe ont écrit dimanche une page d'histoire en disputant les premiers combats au féminin des jeux Olympiques, dimanche dans le ExCel Stadium des JO de Londres.

Un moment d'émotion particulier pour Barbara Buttrick, une Anglaise de 82 ans, qui a surmonté critiques et insultes dans les années 1940-50 pour satisfaire sa passion pour le noble art, alors réservé à la gente masculine.

L'occasion pour cette pionnière de raconter au public, venu remplir la salle olympique, ses combats au pays, ses "tournées en France, aux Etats-Unis et au Canada", sans se soucier des commentaires incendiaires de la presse de l'époque la qualifiant de monstre.

"Ca va donner enfin de la crédibilité à la boxe féminine", se réjouissait l'octogénaire invitée au bord du ring, d'où elle assistait au premier combat de boxe féminin de l'histoire des JO remportée par la Russe Elena Savelyeva face à la Nord-Coréenne Kim Hye-song (12-9).

"Je suis très heureuse d'écrire l'histoire", avouait la poids mouche russe (-51 kg), surprise visiblement de tant de sollicitations de la presse, elle dont le sacre mondial 2010 avait eu moins de retentissement, sauf peut-être en Russie "où il n'y a pas de discrimination envers la boxe féminine".

"J'ai attendu pendant 12 ans pour obtenir cette chance", lançait l'Indienne Mary Kom (de son vrai nom, Mangte Chungneijang Merykom), après avoir mis le feu à la salle avec sa boxe plus technique, digne d'une quintuple championne du monde.

Son nom était scandé par les milliers de supporteurs de son arrivée sur le ring jusqu'à son départ après sa victoire sur une rivale polonaise.

Tout juste regrettait-elle de ne pas pouvoir être avec ses deux jumeaux au jour de leur 5e anniversaire. "J'ai hâte d'être avec eux, mais ça, c'était trop important", glissait "Mary la magnifique".

L'ambiance devenait digne d'une soirée de Las Vegas lors de la confrontation chez les poids légers entre la Britannnique Natasha Jonas et l'Américaine Quantita Underwood.

Un duel sur le ring, au rythme des "USA, USA" et "Team GB" hurlés depuis les tribunes, qui tournait à l'avantage d'une Britannique aux anges: "Boxer devant un tel public, c'est un rêve qui se réalise".

Chaque combat était aussi passé au crible des spécialistes. Comme l'Américain Teddy Atlas, ancien mentor de Mike Tyson présent à Londres comme consultant de la chaîne NBC, qui acceptait l'évolution avec toutefois un bémol.

"La première chose qu'on apprend, c'est d'envoyer des coups et pas besoin d'être un scientifique pour ça, (mais) apprendre les nuances défensives et savoir rester calme sur le ring, ça prend du temps", commentait l'homme de coin, avouant: "Ca peut paraitre idiot mais c'est plus dur de voir une femme prendre des coups".

Il faudra pourtant qu'il s'y habitue, car ces dames n'ont pas l'intention de jeter l'éponge: "Ce que je fais ici, ce n'est pas pour moi, mais pour les jeunes qui viennent", a prévenu la Brésilienne Erica Matos en pensant déjà à Rio-2016.

sg/jr

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