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Jacques Duchesneau se lance dans l'arène politique provinciale

05/08/2012 06:19 EDT | Actualisé 05/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - C'est fait.

L'ancien chef de police de la Ville de Montréal et ancien dirigeant de l'unité anticollusion au ministère des Transports du Québec, Jacques Duchesneau, s'est finalement lancé dans l'arène politique provinciale, dimanche, en annonçant sa candidature dans la circonscription de Saint-Jérôme, dans les Laurentides.

Si la nouvelle a encore contraint le chef du PLQ, Jean Charest à défendre son bilan en matière de lutte contre la corruption, elle a semblé jeter un certain désarroi chez la chef péquiste Pauline Marois qui, après maintes improvisations, s'est contentée, dans un premier temps, de prononcer un bref commentaire sur le sujet sans laisser le temps aux journalistes de lui poser des questions.

Jacques Duchesneau a fait une entrée en promettant de freiner l'«état avancé de détérioration de la morale et des institutions publiques» au Québec.

Rayonnant, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, a comparé M. Duchesneau à Elliot Ness, cet ancien agent du Trésor américain qui a pourchassé le parrain de la mafia de Chicago, Al Capone, de 1925 à 1932.

Il a annoncé que l'ancien chef de la police montréalaise deviendrait vice-premier ministre dans un éventuel gouvernement caquiste. Sa tâche, encore mal définie, serait notamment d'assurer le respect de l'intégrité au sein des ministères des Transports, des Ressources naturelles, des Affaires municipales et de la Sécurité publique.

Outre la corruption et la collusion, Jacques Duchesneau a dans sa mire les scandales municipaux, le financement illégal des partis politiques et le manque de transparence des sociétés d'État, plus particulièrement Hydro-Québec.

Jean Charest a dû de nouveau défendre son bilan en matière de lutte contre la corruption. Il a notamment exprimé sa déception à la suite de propos de M. Duchesneau, qui croit que le chef libéral ne fera que continuer à servir «ses petits amis» s'il est réélu le 4 septembre.

«C'est de la pure démagogie, a-t-il dit. Pure, pure, pure démagogie. Je regrette que M. Duchesneau emploie ce genre de tactique. C'est décevant pour ceux qui vivent en démocratie qu'une personne comme ça se permette de faire des accusations générales.»

Selon M. Charest, les accusations de M. Duchesneau ne reposent sur rien. «C'est soutenu par quoi? Quels faits vient-il mentionner en soutien à ce qu'il vient d'affirmer ? Rien.»

De son côté, Pauline Marois a tenu un point de presse impromptu au cours duquel, sans laisser le temps aux journalistes de lui poser des questions, elle n'a pas soufflé mot du candidat vedette de la CAQ, se contenant de rappeler les thèmes de sa campagne et le travail effectué par son équipe pour débusquer les corrompus.

Plus tard, devant ses militants, elle a promis «un grand ménage» dans «les nids de corruption».

«Un homme seul ne suffit pas, ça prend toute une équipe», a lancé la chef péquiste, faisant allusion à l'ancien dirigeant de l'Unité anticollusion du ministère des Transports qui vient de joindre les rangs de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Après avoir choisi d'ignorer la candidature de M. Duchesneau, la leader souverainiste s'est présentée comme la championne de l'intégrité politique devant plusieurs centaines de militants et la plupart de ses candidats réunis à Montréal.

Elle a aussi fait valoir le travail effectué par certains de ses députés au cours des dernières années, citant l'exemple de Nicolas Girard pour avoir dévoilé le scandale de l'attribution des places en garderie à de généreux donateurs libéraux.

L'intégrité

Au cours de son premier discours important de la campagne, Mme Marois a présenté les grands thèmes de sa campagne, mais les questions d'intégrité ont le plus retenu l'attention.

Elle a annoncé son intention de marcher dans les sillons des gouvernements péquistes précédents et de faire maison nette dès qu'elle prendra les rênes du pouvoir. «Nous avons la volonté, nous avons l'expérience, nous avons l'équipe capable de faire un grand ménage dans tous les ministères. Nous avons fait le ménage en 1976, nous l'avons refait en 1994 et nous allons refaire le ménage en 2012.»

La députée de Charlevoix a par la suite énoncé les grandes mesures que le PQ entend adopter pour libérer la politique «une bonne fois pour toute du pouvoir de l'argent».

Sous un gouvernement péquiste, les dons aux partis politiques seraient plafonnés à 100 $ plutôt qu'à 1000 $, a-t-elle souligné. Aussi, «pour mettre fin à la manipulation du calendrier électoral», le Parti québécois instaurerait les élections à date fixe.

De plus, a poursuivi Mme Marois, le PQ au pouvoir abolirait les primes de départ pour les députés qui abandonnent leur mandat «sans raison légitime».

Les garderies

Par ailleurs, M. Charest n'a pas laissé l'arrivée de M. Duchesneau faire dérailler sa campagne. Il a annoncé que s'il était réélu, un gouvernement libéral hausserait les frais de garde en tenant compte de l'inflation.

Les frais déboursés par les parents passeraient de 7 $ par jour à 7,73 $, d'ici 2017, une augmentation annuelle équivalente au taux moyen d'inflation des dernières années, qui est d'environ 2 pour cent.

M. Charest a déclaré que les parents feront tout de même leur «juste part».

«Je le crois, puisque la politique que nous avons c'est celle des tarifs à 7 $ par jour et parce que comme société nous avons fait le choix d'une politique familiale qui vise l'accès au marché du travail pour les femmes, la réduction de la pauvreté et l'augmentation du taux de naissance», a-t-il dit.

Les libéraux ont également annoncé dimanche qu'ils stimuleraient la création de garderies subventionnées en milieu de travail, grâce à un crédit d'impôt couvrant 50 pour cent des coûts d'opération.

Cet incitatif fiscal sera disponible pour les entreprises qui décident d'offrir ces services à leurs employés.

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