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Des centaines de milliers de catholiques rassemblés au "Lourdes angolais"

05/08/2012 09:17 EDT | Actualisé 05/10/2012 05:12 EDT

Des centaines de milliers d'Angolais se sont rassemblés ce week-end autour du sanctuaire catholique de Muxima, "Lourdes angolais" situé à 150 kilomètres de Luanda, pour participer au plus grand pèlerinage du pays, organisé avec l'aide des autorités.

Temps fort de la vie nationale dans un pays où trois personnes sur cinq sont catholiques, pratiquantes ou non, le pèlerinage marial de Muxima, petite ville de 3.000 habitants, connaît un succès croissant ces dernières années.

"Muxima a le potentiel pour devenir un sanctuaire de renommée mondiale, comme Fatima au Portugal ou Lourdes en France", affirme son recteur, le père Albino Reyes Gonzalez, soulignant que, malgré l'absence d'hébergement, les fidèles s'y pressent tout au long de l'année.

Même si la Vierge n'est pas apparue à Muxima.

L'église blanche où est exposée la statue de la Vierge, datant du XVIe siècle et de la colonisation portugaise, est située dans le parc national de Quissama, au bord du fleuve Kwanza. Elle est dominée par une ancienne forteresse que le gouvernement angolais a voulu faire inscrire au patrimoine de l'Unesco.

Outre sa localisation particulière, le site s'appuie sur une longue tradition, la figure de Notre Dame de Muxima --mot qui signifie "mon coeur" en kimbundu, l'une des langues nationales-- étant la plus vénérée dans le pays depuis le XIXe siècle.

Surtout, la ville de Muxima a profité ces dernières années de la politique de reconstruction des infrastructures du pays menée par le gouvernement, ce qui a permis son désenclavement.

Après l'inauguration d'un immense pont enjambant le fleuve l'an dernier, le gouvernement provincial de Luanda a achevé cette année la réfection des deux routes menant au site, un projet de construction d'une basilique étant également à l'étude.

Et c'est la "Maison Militaire", organe placé auprès de la présidence de la République, qui a en charge la sécurité de l'événement avec un dispositif policier, médical et de secours, l'Eglise s'occupant de la partie liturgique.

"Cette relation étroite avec le gouvernement est indispensable pour organiser un tel pèlerinage, l'Eglise n'ayant pas les moyens de le faire seule", souligne l'évêque du diocèse de Viana, auquel appartient Muxima, Dom Joaquim Ferreira Lopes.

Traditionnellement organisé le premier week-end de septembre, le pèlerinage a cette année été avancé d'un mois en raison des élections générales du 31 août, ce qui avait déjà été fait lors du dernier scrutin en 2008.

Du coup, le site a enregistré une affluence record ce week-end, Eglise et police annonçant autour de 500.000 personnes.

Messes, veillée de prières et sessions de confessions sont suivies avec ferveur par les pèlerins, dont beaucoup de femmes en fichus et pagnes colorés, alors que la ville s'est peu à peu transformée en un champ de tentes multicolores devant lesquelles chaque famille dort et mange pendant plusieurs jours.

Autrefois centrées sur la fécondité, les demandes des pèlerins concernent aujourd'hui la santé, la réussite ou encore la recherche d'emploi de leurs proches, en lien avec les difficultés sociales auxquelles sont confrontés la plupart des Angolais.

"Je suis ici pour demander à la Vierge que tout se passe bien avec mon mari", confie encore Isabela Nunes, 31 ans, en écho au thème du pèlerinage cette année, "réconcilier les familles".

La dernière demande formulée par l'Eglise concerne le bon déroulement du scrutin de la fin du mois, le troisième depuis l'indépendance du pays en 1975.

Sur ce point, alors que les partis d'opposition et la société civile dénoncent un processus entaché d'irrégularités, l'Eglise catholique appelle les citoyens à aller voter, soulignant la nécessité d'un scrutin transparent et démocratique.

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