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Algérie: une mission de l'UE critique le déroulement des législatives de mai

05/08/2012 06:20 EDT | Actualisé 05/10/2012 05:12 EDT

Les législatives du 10 mai en Algérie ont été marquées par des "faiblesses" et des "insuffisances", et leurs résultats traduisent "en partie un rejet de l'offre politique par les citoyens", selon le rapport d'une mission d'observateurs de l'UE publié dimanche à Alger.

Ces élections ont permis au Front de libération nationale (FLN, présidentiel) d'être "le grand vainqueur" du scrutin, tout comme en 2007, selon le rapport des 150 observateurs de l'Union européenne arrivés le 30 mars pour suivre leur déroulement.

Avec 208 sièges sur 462, l'ex-parti unique dont se revendique le président Abdelaziz Bouteflika, devance largement le Rassemblement pour la démocratie (RND, 68 sièges) du Premier ministre Ahmed Ouyahia, devant six partis islamistes qui ont totalisé 61 sièges.

Le taux de participation (43,14%) a été supérieur à celui de 2007 (35,65%), mais les observateurs de l'UE insistent dans leur rapport d'une soixantaine de pages sur "le nombre élevé de bulletins blancs/nuls": près de 1,7 million, soit 18% des suffrages.

Cela "traduit en partie un rejet de l'offre politique par les citoyens", juge le document.

Cette consultation, la première en Algérie depuis le début du "Printemps arabe" et des manifestations en 2011 dans ce pays de 37 millions d'habitants, a eu lieu suite à un processus de réformes gouvernementales "contrôlé", relève l'UE dont le chef de mission Ignacio Sanchez Salafranca tenait une conférence de presse dimanche en début d'après-midi.

Ces réformes ont permis "la participation de 44 partis politiques (dont 21 récemment accrédités)". Mais "cette multiplication des candidatures a conduit à un émiettement des voix" qui a notamment favorisé "les partis prédominants".

Pour l'UE, la révision préalable du système électoral a mené à un système d'enregistrement qui "présente certaines faiblesses structurelles".

Ces faiblesses n'ont pas permis de "contrôle avéré" et ont "affecté la confiance" de certains partis politiques, selon le rapport de l'UE dont la mission s'était vu refuser, s'était-elle plainte à l'époque, la possibilité de consulter le fichier électoral national.

Elle a également regretté que "l'adoption d'un nouveau cadre électoral, si proche de la date du scrutin, a imposé plusieurs difficultés organisationnelles à la Commission nationale indépendante de supervision des élections (CNISEL).

La date du scrutin n'avait été annoncée que le 9 février, trois mois avant sa tenue et après l'adoption par le parlement sortant de 13 nouvelles lois, dont électorales.

Des partis politiques avaient également reçu leur agrément jusqu'à la veille de l'ouverture de la campagne électorale.

Si la mission a relevé un déroulement calme durant le scrutin, elle a constaté que "dans 60% des bureaux de vote visités, l'affichage public des résultats n'a pas été respecté".

Elle a aussi jugé lors de la compilation des résultats que "la transparence des opérations, au sein des deux niveaux de commissions électorales, a été jugée insuffisante".

La mission a également déploré que le ministère de l'Intérieur ait présenté des résultats provisoires le 11 mai "au même moment où se poursuivait le travail de consolidation au sein des différentes commissions".

Depuis l'instauration du multipartisme en 1989, plusieurs accusations de fraudes avaient entaché les élections dans ce pays.

bmk/ao

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