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Une enquête est exigée par l'ONU sur les droits de l'homme en Birmanie

04/08/2012 04:54 EDT | Actualisé 04/10/2012 05:12 EDT

RANGOON, Myanmar - Un expert des droits de la personne des Nations Unies a appelé samedi à la tenue urgente d'une enquête sur les récentes violences sectaires dans l'État de Rakhine, en Birmanie, qu'il a décrites comme étant certains des plus grands défis du pays en matière de droits de la personne.

Tomas Ojea Quintana a mis fin à une visite d'une semaine en Birmanie en affirmant que les réformes démocratiques tant célébrées ne perdureraient pas à moins que le gouvernement ne se concentre sur le respect des droits.

Lors d'une tournée de deux jours de l'État de Rakhine, M. Quintana dit avoir constaté «de la souffrance généralisée» à la suite des violences survenues en juin entre les bouddhistes de Rakhine et les Rohingya musulmans qui ont fait au moins 78 morts et des dizaines de milliers de sans-abris. Il dit également avoir enregistré des allégations de «violations sérieuses des droits de la personne» commises par la police et les forces de sécurité, incluant des meurtres, de la torture, des arrestations arbitraires et un usage excessif de la force.

L'organisme Human Rights Watch a accusé les forces gouvernementales d'avoir ouvert le feu sur des foules d'habitants du Rohingya et d'avoir commis d'autres «atrocités» lors de tentatives pour ramener l'ordre.

M. Quitana a déclaré à des journalistes qu'il était impérativement nécessaire d'«établir clairement ce qui s'est passé dans l'État de Rakhine et de s'assurer de l'imputabilité».

Beaucoup de choses demeurent encore inconnues quant à ce qui s'est passé dans cet État pendant près de deux semaines de combats religieux, d'émeutes et d'attaques pyromanes entre les deux groupes, car la zone était virtuellement coupée du monde extérieure.

Les tensions entre les bouddhistes de l'État de Rakhine et les Rohingya musulmans ne datent pas d'hier, en partie parce que plusieurs Birmans considèrent ces derniers comme des colons illégaux du Bangladesh voisin. Les Nations Unies indiquent qu'il y a environ 800 000 Rohingya en Birmanie et les considèrent comme faisant partie des peuples les plus persécutés de la planète.

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