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Syrie: nouveaux combats à Damas, où des pèlerins iraniens ont été enlevés

04/08/2012 01:10 EDT | Actualisé 04/10/2012 05:12 EDT

BEIRUT - BEYROUTH (Sipa) — De fortes explosions ont secoué samedi Damas où les forces du régime bombardaient le quartier de Tadamon, à la périphérie sud de la capitale, qui a été entièrement bouclé par l'armée. Dans la journée, la télévision iranienne a affirmé que 48 pèlerins iraniens avaient été enlevés par des hommes armés dans la banlieue damascène alors qu'ils se rendaient en autocar visiter un sanctuaire chiite.

Les pèlerins venaient de quitter leur hôtel et se rendaient à la mosquée Saïda Zeinab quand des hommes armés les ont enlevés, selon Al-Alam, la chaîne de télévision publique iranienne en arabe, qui citait un responsable de l'ambassade d'Iran à Damas.

Dans la capitale, les combats semblaient se poursuivre à Tadamon, alors même que l'agence officielle SANA avait affirmé vendredi que l'armée avait fini de traquer les derniers "terroristes mercenaires", le terme utilisé par le régime pour désigner les insurgés, dans ce quartier.

"Nous avons entendu de forts bombardements depuis l'aube", a raconté à l'Associated Press un témoin qui a requis l'anonymat. "Il y a des hélicoptères dans le ciel".

Ces nouvelles violences dans la capitale illustrent les difficultés rencontrées par le régime du président Bachar el-Assad face à l'insurrection. Il y a deux semaines, les forces gouvernementales avaient repoussé la plus forte incursion rebelle. Les combattants de l'insurrection avaient réussi à porter les combats au coeur de la ville et perpétrer un audacieux attentat à la bombe qui a tué quatre hauts responsables de l'appareil de sécurité syrien, dont le ministre de la Défense.

Les affrontements persistants à Damas mobilisent des ressources de l'armée alors que les combats à Alep, la plus grande ville de Syrie à 350km au nord de la capitale, sont entrés dans leur deuxième semaine.

Des centaines d'insurgés ont lancé une offensive de trois heures pour tenter de s'emparer du siège de la télévision à Alep et n'ont pu être repoussés que par l'intervention des avions de chasse et des hélicoptères de combat, a indiqué samedi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, une organisation d'opposition basée à Londres. Les troupes gouvernementales ont aussi bombardé plusieurs quartiers tenus par les rebelles, dont celui de Saladin, bastion de l'opposition.

La Turquie voisine a par ailleurs signalé la défection d'un nouveau général syrien, et de cinq colonels, qui ont passé la frontière avec un groupe de réfugiés. Ce serait la 29e défection d'un général syrien depuis le début du mouvement de contestation contre le régime en mars 2011. L'armée syrienne est toutefois restée largement intacte.

Signe que les sanctions internationales pèsent sur le régime de Bachar el-Assad, de hauts responsables syriens sont venus demander à la Russie, puissant allié de la Syrie, une aide financière et des produits pétroliers.

Le vice-Premier ministre Qadri Jamil, à la tête de la délégation venue à Moscou ces derniers jours, a déclaré vendredi à la presse qu'ils avaient demandé un prêt pour renouveler les réserves de devises, frappées par les embargos américain et européen sur les exportations syriennes. La Syrie serait en train d'épuiser le stock de 17 milliards de dollars (près de 14 milliards d'euros) en devises étrangères dont elle était censée disposer au début du soulèvement.

Membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, la Russie a bloqué, avec la Chine qui dispose elle aussi d'un droit de veto, l'adoption de toute résolution condamnant la répression menée par le régime alaouite et imposant des sanctions.

Dans la semaine, l'émissaire de la Ligue arabe et de l'ONU pour la Syrie, Kofi Annan, avait démissionné, dénonçant la paralysie du Conseil de sécurité, après des mois d'efforts infructueux pour faire cesser les violences et faire appliquer son plan de sortie de crise.

Samedi, Pékin a accusé au contraire les Occidentaux d'avoir entravé les efforts pour résoudre le conflit syrien en appelant au départ du fils de Hafez el-Assad. "Nous sommes opposés à une ingérence dans les affaires intérieures, à la volonté d'imposer un changement de régime et au soutien à une intervention militaire", a expliqué Long Zhou, un conseiller au ministère chinois des Affaires étrangères.

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