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Oscar 'Blade Runner' Pistorius atteint les demi-finales au 400m à Londres

04/08/2012 06:01 EDT | Actualisé 04/10/2012 05:12 EDT

LONDRES - Oscar Pistorius est sorti des blocs de départ et le tintamarre causé par les lames de carbone qui heurtaient le sol à répétition a été entendu aux quatre coins du stade, samedi, tandis que 80 000 spectateurs l'observaient alors qu'il écrivait une page d'histoire olympique.

Il a augmenté la cadence sur la ligne droite de retour, a dépassé un adversaire, puis deux, et au bout du compte, le 'Blade Runner' a réussi son entrée en scène en athlétisme.

Typique. Sauf que cette fois-ci, rien de cela ne l'était.

«J'ai travaillé pendant six ans... pour obtenir ma chance, a-t-il dit. Je souriais sans arrêt dans les blocs de départ.»

Le Sud-Africain est devenu le premier athlète amputé à compétitionner aux Jeux olympiques, samedi, et il a atteint le tour suivant après avoir terminé deuxième de sa vague au 400 mètres.

Pistorius, qui court grâce à des lames de carbone après avoir subi l'amputation des deux jambes, a complété l'ovale en 45,44 secondes — un chrono suffisant pour lui permettre de terminer deuxième de sa vague et d'accéder aux demi-finales de dimanche soir.

Le Sud-Africain a mené un long combat afin de pouvoir compétitionner aux JO contre des adversaires ne souffrant d'aucun handicap, et il a finalement obtenu cette opportunité à l'occasion d'une matinée ensoleillée devant une salle comble au Stade olympique.

Pistorius est né sans péronés et ses jambes ont été amputées sous les genoux avant qu'il ne fête son premier anniversaire. Il est l'une de ces histoires qu'on ne peut résumer sans rappeler son parcours — dramatique, inspirant et controversé — et le résultat final.

«Je suis conscient qu'Oscar était le protagoniste de cette course», a commenté le Dominicain Luguelin Santos, qui a triomphé par quatre dixièmes de seconde dans cette vague mais qui est complètement passé inaperçu. «Mais je l'aime. Il est bon.»

Pistorius compte quatre médailles paralympiques pour le prouver, mais sa dernière performance sur la piste est beaucoup plus symbolique que ça.

Il a livré un long combat afin de pouvoir courir aux Jeux olympiques contre des adversaires ne souffrant pas d'un handicap.

Après avoir participé à des douzaines d'audience devant des milliers d'hommes et de femmes en habits à savoir si ses lames de carbone lui procuraient un avantage par rapport à ses adversaires — puis forcé de convaincre le comité olympique sud-africain de le prendre avec lui — Pistorius a finalement obtenu sa chance.

Il a serré la main de ses adversaires, s'est accroupi aux blocs de départ et — de nombreuses façons, ce n'était qu'une autre course, et Pistorius figurait encore parmi les plus rapides.

«Je le considère comme un autre athlète, un autre adversaire», a résumé le champion du monde Kirani James.

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