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L'ombre de Duchesneau et la sortie de Duceppe jettent un sort au PLQ et au PQ

04/08/2012 06:02 EDT | Actualisé 04/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - L'ombre grandissante de Jacques Duchesneau et l'acrimonieuse attaque lancée la veille par l'ancien chef bloquiste Gilles Duceppe à l'endroit du coporte-parole de Québec Solidaire d'Amir Khadir ont obscurci les campagnes libérales et péquistes, samedi.

La CAQ refuse de confirmer la candidature de M. Duchesneau, mais elle tiendra une conférence de presse, dimanche matin, à Saint-Jérôme.

Le chef libéral Jean Charest s'est défendu d'avoir provoqué l'entrée en scène retentissante de Jacques Duchesneau, dont la candidature est pressentie à la Coalition avenir Québec (CAQ).

Le quotidien Le Devoir a rapporté samedi que M. Duchesneau avait décidé de faire le saut en politique en apprenant que M. Charest s'était attribué la note huit sur dix pour ses efforts de lutte à la corruption.

Samedi, M. Charest a nié qu'il avait fait une gaffe en s'accordant ainsi cette évaluation. «J'ai exprimé tout ce que nous avons fait depuis que nous sommes le gouvernement sur cette question-là, a-t-il dit. Oui, je n'ai aucune hésitation à dire que c'est la note qu'on s'attribue, que le travail que nous avions fait est quand même substantiel.»

Le chef du PLQ ne se dit pas inquiet par l'arrivée probable de l'ancien dirigeant de l'unité anticollusion au ministère des Transports (UAC). Selon lui, cette candidature ne remettrait pas en question la valeur du mandat qu'il a accompli pour le gouvernement dans la lutte à la collusion et à la corruption.

Quant à la sortie tonitruante de Gilles Duceppe, elle est venue lancer un couac à l'annonce de la candidature vedette du commentateur politique Jean-François Lisée, dans la circonscription de Rosemont.

Présent lors de l'annonce, M. Duceppe n'a pas renié ses propos, mais a refusé de faire amende honorable. «J'ai dit ce que j'avais à dire sur cela. Je l'avais dit auparavant et je ne suis pas pour dire le contraire», a insisté M. Duceppe à plusieurs reprises aux journalistes qui lui demandaient d'étayer ses propos de la veille.

Dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne vendredi, M. Duceppe a livré une charge à fond de train contre le leader de la formation politique de gauche, le qualifiant d'individu populiste et opportuniste qui ne mérite pas même le respect.

M. Lisée n'a pas voulu «alimenter la polémique».

«Moi, ce que je veux contribuer à faire, c'est que quand on aura un comité du Oui sur la souveraineté, Gilles Duceppe et Amir Khadir seront l'un avec l'autre dans ce comité. C'est mon objectif», a-t-il fait valoir, jouant les rassembleurs.

Quant à M. Khadir, il a dit croire que le temps des attaques personnelles était révolu. Selon lui, les forces souverainistes doivent se réunir. Il a ensuite nuancé ses propos en affirmant ne pas faire confiance au PQ pour obtenir l'indépendance parce que celui-ci attend toujours un «cadeau tombé du ciel».

L'orage a aussi fait dévier la route de Québec solidaire qui a présenté un candidat «surprise» dans Bourassa-Sauvé, Will Prosper, l’un des fondateurs et porte-paroles du mouvement citoyen Montréal-Nord Republik, connu notamment pour avoir milité en faveur d'une enquête publique en lien avec la mort de Fredy Villanueva, abattu par un policier en 2008.

Des annonces

Ces événements ont relégué au second plan les promesses électorales des principaux partis. Ainsi, la CAQ a promis d'injecter 100 millions $ en culture.

François Legault s'engage à consacrer 50 millions $ par année pour augmenter le nombre de sorties culturelles dans les écoles.

Le parti propose d'investir la même somme afin de bonifier l'aide au développement de nouveaux marchés étrangers pour les produits culturels québécois.

De leur côté, les libéraux veulent inscrire automatiquement les jeunes prestataires de l'aide sociale âgés de 18 à 21 ans à un programme de retour à l'emploi. En échange, ils recevront une prime mensuelle de 120 $ qu'ils perdront s'ils ne souhaitent pas faire de démarche spécifique pour retourner au travail.

Jean Charest souhaite également que les candidats immigrants exerçant des métiers plus en demande au Québec ou disposant déjà d'une offre d'emploi en sol québécois puissent être sélectionnés en priorité, grâce à une révision de la grille d'évaluation.

Les libéraux promettent aussi de bonifier la prime au travail des personnes seules à faible revenu. En plus d'élargir son accessibilité, les libéraux proposent de l'augmenter de 200 $, pour la faire passer à un total de 732 $ par année.

Quant à Mme Marois, la leader péquiste a fait une annonce en matière de soins à domicile à Mont-Saint-Grégoire en Montérégie. Elle a promis d'ajouter 120 millions $ aux 380 millions $ déjà prévus en cette matière par le gouvernement libéral et la mise en place d'une «politique nationale de soins et de services à domicile».

Débat

Les chefs de quatre principaux partis politiques croiseront le fer à l'occasion d'un débat présenté le 19 août à 20 h sur les ondes de Radio-Canada, de Télé-Québec et de RDI, a annoncé le Consortium des réseaux de télédiffusion, samedi.

Les débats mettront aux prises Jean Charest, Pauline Marois, François Legault et Françoise David (Québec Solidaire).

Jean-Martin Aussant, d'Option nationale, n'a pas été invité à y participer.

Les partis se sont entendus sur quatre thèmes qui feront l'objet des échanges: l'économie, la gouvernance, les politiques sociales incluant le financement de l'éducation ainsi que la question nationale et identité.

Le tout sera animé par les journalistes Anne-Marie Dussault et Emmanuelle Latraverse.

Il s'agit, pour l'instant, du seul débat impliquant les chefs des quatre principaux partis politiques. Le réseau TVA télédiffusera également des débats, les 20, 21 et 22 août, mais Québec Solidaire a été écarté de ces échanges.

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