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Le Soudan qualifie de "raisonnable" l'accord sur le pétrole conclu avec Juba

04/08/2012 07:39 EDT | Actualisé 04/10/2012 05:12 EDT

Le Soudan et le Soudan du Sud ont conclu un accord "raisonnable" sur le pétrole, et d'autres différends devraient être réglés, a-t-on appris samedi auprès de responsables soudanais.

Ces déclarations interviennent quelques heures après l'annonce à Addis Abeba par le médiateur de l'Union africaine (UA) Thabo Mbeki de la conclusion d'un accord entre Khartoum et Juba sur le partage de la manne pétrolière du Soudan d'avant la partition.

"Nous avons conclu un accord final avec le Soudan du Sud sur le transit du pétrole et nous comptons régler d'autres dossiers en négociation", a déclaré le sous-secrétaire au ministère du Pétrole Awad Abdul Fatah, cité par l'agence officielle Suna.

Mutrif Siddiq, un membre de la délégation aux pourparlers d'Addis Abeba, a indiqué que l'accord était "raisonnable" même s'il ne correspond pas aux attentes des deux parties.

Suna n'a donné aucun détail sur le contenu de l'accord.

A l'issue d'une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l'UA, M. Mbeki a annoncé dans la nuit que "les parties se sont mises d'accord sur les détails financiers concernant le pétrole", sans donner de détails sur l'accord.

"Le pétrole va couler" à nouveau, a-t-il poursuivi, sans non plus préciser de date.

Un analyste étranger a estimé, sous le couvert de l'anonymat, qu'il faudrait plusieurs mois avant que le Soudan du Sud puisse reprendre la totalité de sa production.

"Peut-être que dans trois mois, ils pourront avoir repris entre un tiers et la moitié de la production", a-t-il dit à l'AFP.

Juba a hérité à son indépendance en juillet 2011 des trois quarts des ressources pétrolières du Soudan d'avant partition mais reste entièrement tributaire des oléoducs du Nord pour exporter.

Faute d'accord sur la redevance à payer par Juba à Khartoum sur le pétrole qui transite par le territoire soudanais, le Nord avait décidé de se payer en nature en prélevant du brut à son passage. Furieux, le Sud avait alors stoppé sa production.

Cet arrêt de la production a privé le jeune Etat de 98% de ses ressources et entraîné une forte poussée de l'inflation, tout en aggravant la situation économique déjà difficile de son voisin.

Lors d'une visite à Juba vendredi, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton avait exhorté les deux voisins à faire des compromis pour régler les différends jamais réglés depuis un an, et qui les ont conduits au bord de la guerre au printemps.

Les pourparlers d'Addis Abeba sous l'égide de l'UA piétinaient jusque là à tel point que Juba et Khartoum avaient dû laisser passer, sans accord, la date butoir du 2 août que leur avait donnée, sous peine de sanctions, le Conseil de sécurité de l'ONU pour régler leurs différends.

"C'est un accord de dernière minute", a déclaré à l'AFP un analyste soudanais sous couvert de l'anonymat.

"Ils avaient en tête que le Conseil de sécurité était vraiment sérieux" et qu'ils devaient montrer quelques progrès pour s'assurer plus de temps pour négocier les autres sujets: la frontière disputée, le statut des Soudanais du Sud au Soudan et vice-versa, et la région contestée d'Abiyei, a-t-il dit.

L'analyste estime que l'accord sur le pétrole était urgent vu la situation très critique de l'économie des deux pays. "En réalité, ils ne peuvent pas se permettre de vivre avec des sanctions", a-t-il dit.

it/vl/sbh

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