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Charest s'est défendu d'avoir provoqué la candidature de Duchesneau

04/08/2012 11:54 EDT | Actualisé 04/10/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Le chef libéral Jean Charest s'est défendu samedi d'avoir provoqué l'entrée en scène retentissante de l'ex-chef de police Jacques Duchesneau, dont la candidature est pressentie à la Coalition avenir Québec (CAQ), en autoévaluant trop généreusement la performance de son gouvernement en matière de lutte à la corruption.

M. Duchesneau a décidé jeudi de faire le saut en politique en apprenant que M. Charest s'était attribué la note huit sur dix pour ses efforts de lutte à la corruption, a rapporté samedi le quotidien Le Devoir.

Samedi, lors d'un point de presse, M. Charest a nié qu'il avait fait une gaffe en s'accordant ainsi cette autoévaluation.

«J'ai exprimé tout ce que nous avons fait depuis que nous sommes le gouvernement sur cette question-là, a-t-il dit. Oui, je n'ai aucune hésitation à dire que c'est la note qu'on s'attribue, que le travail que nous avions fait est quand même substantiel.»

L'autoévaluation de M. Charest, jeudi, a été la bougie d'allumage de M. Duchesneau, qui hésitait à descendre dans l'arène politique, a rapporté Le Devoir.

Samedi, malgré l'invitation d'un journaliste, M. Charest a refusé d'évaluer la performance de M. Duchesneau en matière de lutte à la corruption, s'en remettant aux médias, mieux placés selon lui pour décider d'une note pour son nouvel adversaire.

Le chef libéral a aussi dissipé toute notion que les libéraux sont inquiets de l'arrivée de l'ancien dirigeant de l'Unité anticollusion (UAC) dans l'arène politique.

«C'est faux, vous dites qu'ils sont inquiets, moi je n'ai pas entendu cela», a-t-il répondu à un journaliste.

M. Charest a affirmé qu'il faudra attendre l'entrée en scène officielle de M. Duchesneau pour déterminer si cela changera la campagne électorale.

Le chef libéral a déclaré que la candidature M. Duchesneau, qui reste encore à confirmer par la CAQ, ne remet pas en question la valeur du mandat qu'il a accompli pour le gouvernement dans la lutte à la collusion et la corruption.

Interrogé à ce sujet, M. Charest n'a exprimé aucun doute sur la neutralité d'un mandat gouvernemental accompli par M. Duchesneau.

M. Charest a affirmé que son gouvernement a mis en oeuvre les recommandations d'un rapport de M. Duchesneau, en créant notamment la commission d'enquête sur la construction présidée par la juge France Charbonneau.

La nouvelle de la candidature de M. Duchesneau a causé un retentissement, vendredi, lorsque les médias ont commencé à rapporter l'information.

Dans la caravane électorale, les libéraux s'étaient aussitôt retranchés dans le mutisme, mais M. Charest a voulu dissiper la perception qu'ils avaient été ébranlés.

«C'est une campagne électorale et pendant une campagne électorale il va y avoir des opposants», a-t-il dit, en ajoutant qu'il ne sous-estimait jamais ses adversaires.

M. Duchesneau, qui avait été mandaté par M. Charest, a produit un rapport accablant, notamment sur le financement des partis politiques, ce qui a placé les libéraux sur la défensive.

Samedi, lors d'une étape dans la circonscription de Crémazie, dans le nord de Montréal, le chef libéral a répété que son parti respectait les règles de financement.

La caravane libérale a terminé samedi un séjour de deux jours dans la région montréalaise, pour remettre le cap sur Québec, avec une étape en Mauricie.

En début de soirée, dans un centre communautaire à Québec, M. Charest a conclu sa journée de campagne par un rassemblement militant auquel participaient environ 500 personnes, à l'occasion d'un pic nic de hot-dogs qui s'est déroulé dans le gymnase de l'édifice.

Dans un discours prononcé lors de l'événement, M. Charest a accusé les péquistes de vouloir tenir un référendum dans un premier mandat.

Le chef libéral a saisi des propos prononcés samedi par le candidat péquiste dans Rosemont, Jean-François Lisée, au sujet de l'échéancier référendaire.

M. Lisée avait exprimé le souhait que les Québécois manifestent leur volonté d'indépendance dans le mandat qui suivra l'élection du 4 septembre, tout en affirmant qu'il ne serait pas opportun pour le PQ de prendre l'engagement de tenir un référendum dans les quatre années suivant son accession au pouvoir.

«M. Lisée a dit que le Parti québécois, son vrai plan, c'est de tenir un référendum dans le premier mandat, dans le prochain mandat», a-t-il dit.

Lors de son arrivée et son départ au rassemblement partisan, M. Charest a, pour une deuxième fois depuis le début de la campagne, été confronté à des manifestants, une dizaine, qui ont scandé des slogans hostiles au chef libéral.

Par ailleurs, M. Charest a continué de préciser, samedi, son plan pour développer l'emploi, cette fois en présentant des mesures visant les jeunes, les immigrants et les travailleurs à faible revenu.

S'ils sont élus, les libéraux dynamiseront l'approche pour soutenir les jeunes prestataires de l'aide sociale âgés de 18 à 21 ans.

Ils seront automatiquement inscrits à un programme de retour à l'emploi, une initiative qui leur vaudra une prime mensuelle de 120 $, et portera leur prestation à un total de 710 $. Cette bonification pourra toutefois être annulée si le prestataire ne souhaite pas faire de démarche spécifique pour retourner au travail.

Au total, les libéraux estiment qu'il faudra 23 millions $ par année pour soutenir ce programme, qui pourrait être offert à 16 000 jeunes.

Les candidats immigrants exerçant des métiers plus en demande au Québec ou disposant déjà d'une offre d'emploi en sol québécois pourraient aussi être sélectionnés en priorité, grâce à une révision de la grille d'évaluation, a affirmé M. Charest, en exposant des mesures ciblant les nouveaux arrivants.

Les libéraux promettent aussi de bonifier la prime au travail des personnes seules à faible revenu. En plus d'élargir son accessibilité, les libéraux proposent de l'augmenter de 200 $, pour la faire passer à un total de 732 $ par année.

Près de 30 000 personnes seules pourraient profiter de cet incitatif qui vise à encourager la participation au marché du travail.

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