SAINT-HYACINTHE, Qc - Pauline Marois ne veut pas s'engager à tenir un référendum sur la souveraineté dans un premier mandat de gouvernement, mais les pressions sont fortes pour qu'elle appuie sur l'accélérateur.

«Je crois que tous les souverainistes souhaitent qu'il y ait un référendum dans le premier mandat. Cependant, nous n'avons pas arrêté d'agenda», a dit la chef du Parti québécois samedi en campagne dans quelques communautés rurales de la Montérégie.

En conférence de presse, sous un soleil de plomb à Mont-Saint-Grégoire, Mme Marois a dit comprendre l'impatience des souverainistes de se prononcer de nouveau sur l'avenir du Québec.

Néanmoins, elle a évité de prendre quelque engagement référendaire que ce soit.

«Nous allons travailler à faire avancer le Québec et à convaincre une majorité et lorsque nous aurons convaincu cette majorité, nous tiendrons un référendum. Je ne peux pas vous dire quand nous le ferons», a-t-elle expliqué.

L'opportunité d'adopter ou non un calendrier référendaire précis est un sujet qui divise le camp souverainiste.

L'auteur prolifique, ex-conseiller politique et candidat vedette du PQ, Jean-François Lisée, est l'un de ceux qui s'opposent à ce que le parti s'engage à tenir un référendum dans un premier mandat.

Fixer un échéancier référendaire serait «un passeport pour un autre mandat Charest», a-t-il soutenu à l'occasion de son investiture dans la circonscription de Rosemont, laissée vacante par Louise Beaudoin.

Le Québec est beaucoup plus fort s'il évite d'abattre dès maintenant ses cartes, a-t-il fait valoir en point de presse.

«Institutionnellement, on n'est dans une situation du faible au fort avec le Canada, un peu comme Astérix avec César. Notre force, c'est notre capacité de réagir. Si on se met dans le ciment sur le moment ou on fera ceci ou cela, on perd cet avantage. Il est essentiel pour les Québécois de garder l'avantage de l'initiative», a dit M. Lisée.

Pendant son allocution devant une centaine de militants réunis dans un centre communautaire, le candidat Lisée a invité les électeurs tentés par Québec solidaire (QS) et la Coalition avenir Québec (CAQ) à joindre le Parti québécois pour vaincre les libéraux à l'élection du 4 septembre.

Une fois le PQ au pouvoir, les Québécois pourront à loisir décider de quitter le Canada «qui se développe autour de Stephen Harper et qui se définit sans le Québec».

«Je pense qu'il y aura un moment où les Québécois vont dire: ça suffit, il faut sortir. Si les libéraux ou la CAQ sont au pouvoir ils n'auront pas ce choix. Si le Parti québécois est au pouvoir, ils auront ce choix», a-t-il affirmé.

M. Lisée a dit espérer cependant que les Québécois manifesteront leur volonté d'indépendance «dans le mandat» que sollicite le PQ le 4 septembre.

L'ancien conseiller des administrations Parizeau et Bouchard a livré son premier discours de la campagne en présence de Mme Marois, du chef du Bloc québécois Daniel Paillé et de l'ex-leader bloquiste Gilles Duceppe.

Ce dernier s'est retrouvé sur la selette vendredi pour avoir tenu des propos acerbes contre le coporte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir.

M. Duceppe n'a pas voulu ajouter à la controverse, mais s'est bien gardé de s'amender.

«J'ai dit ce que j'avais à dire sur cela. Je l'avais dit auparavant et je ne suis pas pour dire le contraire», a insisté M. Duceppe à plusieurs reprises aux journalistes qui lui demandaient d'étayer ses propos de la veille.

«J'ai dit ce que j'ai dit, je suis responsable de ce que j'ai dit. Je dis ce que je pense, je pense ce que je dis», a-t-il poursuivi, assumant pleinement la portée de sa sortie contre le député de Mercier.

Dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne vendredi, M. Duceppe s'est attaqué durement au leader de la formation politique de gauche, le qualifiant d'individu populiste et opportuniste qui ne mérite pas même le respect.

M. Duceppe a aussi mis en doute les convictions souverainistes de M. Khadir, rappelant son engagement en faveur du Nouveau Parti démocratique (NPD) lors de la campagne électorale fédérale du printemps 2011.

Questionné à son tour sur la charge de M. Duceppe, M. Lisée est demeuré prudent, déclarant «ne pas vouloir alimenter la polémique».

«Moi, ce que je veux contribuer à faire, c'est que quand on aura un comité du Oui sur la souveraineté, Gilles Duceppe et Amir Khadir seront l'un avec l'autre dans ce comité. C'est mon objectif», a-t-il fait valoir, jouant les rassembleurs.

Au jour 4 de la campagne, la leader péquiste a par ailleurs fait une annonce concernant les soins à domicile. Elle a promis d'ajouter 120 millions $ aux 380 millions $ déjà prévus en cette matière par le gouvernement libéral et de mettre en place une «politique nationale de soins et de services à domicile».

Au total, le gouvernement péquiste injecterait 500 millions $ sur cinq ans dans une «assurance autonomie», un fonds dédié.

Mme Marois a poursuivi sa campagne de terrain vendredi, allant visiter la Foire agricole de Saint-Hyacinthe et le Festival du maïs de Saint-Damase.

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