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Violences sans répit en Syrie, vote attendu à l'Assemblée générale de l'ONU

03/08/2012 04:10 EDT | Actualisé 02/10/2012 05:12 EDT

Les forces du régime ont repris vendredi leurs bombardements des quartiers rebelles à Damas et à Alep, théâtre d'une bataille cruciale dans la guerre en Syrie où l'échec de la diplomatie a poussé le médiateur international Kofi Annan à la démission.

A New York, l'Assemblée générale de l'ONU doit voter sur une résolution présentée par des pays arabes pour dénoncer le pilonnage des villes par l'armée et réclamer une transition politique, une initiative essentiellement symbolique.

Malgré l'escalade des violences qui ont fait jeudi 179 morts selon une ONG syrienne, des manifestations sont attendues dans le pays à l'appel de militants antirégime avec comme slogan "Deir Ezzor-la victoire vient de l'Est", une région visée par une offensive destructrice de l'armée.

Mettant à profit les divisions internationales, le régime reste déterminé à en finir avec la révolte lancée en mars 2011, et qui s'est militarisée face à la répression sanglante.

L'armée livrait ainsi bataille aux rebelles dans le quartier de Tadamoun à Damas, voisin du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk où 21 civils ont été tués la veille par des tirs d'obus, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Des tirs d'artillerie plus ou moins forts résonnent d'ailleurs depuis vendredi matin à Damas.

Des combats ont également éclaté aux abords de l'aéroport militaire à Marj el-Sultane dans la province de Damas, selon l'ONG. L'armée avait pris il y a une semaine le contrôle de la capitale après des combats violents et cherche à nettoyer les poches de résistance rebelle.

Dans la deuxième ville du pays, Alep, le quartier de Salaheddine était à nouveau bombardé par les soldats qui encerclent ce principal bastion rebelle et plusieurs autres quartiers de la cité.

"La violence continue de s'intensifier" à Alep où des renforts "considérables" ont été dépêchés pour la "grande bataille", avait estimé jeudi le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous.

Les insurgés affirment contrôler la moitié d'Alep. Selon une source de sécurité, l'armée "observe et teste le système de défense des terroristes (...) avant de les annihiler en menant une opération chirurgicale".

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a déploré avoir été dans l'impossibilité de faire entrer la veille de l'aide humanitaire à Alep en raison du blocus militaire, faisant état d'une coupure des téléphones portables et internet. Selon l'organisation, quelque 7.200 personnes ont trouvé refuge dans 45 écoles et six dortoirs.

Par ailleurs, des "dizaines" de civils et de rebelles ont été tués jeudi dans un quartier de Hama (centre) assiégé par les forces régulières, selon l'OSDH, les militants dénonçant un nouveau "massacre".

Pour sa part, l'Armée syrienne libre (ASL) formée de déserteurs et de civils armés, a condamné les exécutions sommaires "inacceptables" et "illégales" de partisans du régime le 31 juillet à Alep, tout en rejetant toute responsabilité.

Face à la spirale de violences et à l'échec des efforts pour le règlement du conflit qui a fait plus de 20.000 morts en 16 mois selon l'OSDH, le médiateur Kofi Annan a jeté l'éponge jeudi, fustigeant le manque de soutien des grandes puissances à sa mission.

"Il y a des divisions au sein de la communauté internationale. Tout cela a compliqué mes devoirs", a expliqué M. Annan, qui avait été nommé en février.

M. Annan faisait allusion à l'incapacité des 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU à s'unir sur les moyens de régler la crise, Moscou et Pékin, des alliés du régime de Bachar al-Assad, bloquant toute résolution occidentale contre Damas.

Il avait proposé un plan de paix en six points prévoyant une cessation des combats et une transition politique, mais ce plan n'a jamais été appliqué.

L'ONU doit mener des consultations avec la Ligue arabe pour nommer un successeur. Le régime syrien, Pékin, Moscou et Téhéran ont regretté cette démission, Washington accusant la Chine et la Russie d'en être responsables. Moscou a appelé à remplacer "d'urgence" M. Annan.

Les divisions vont d'ailleurs ressurgir à l'Assemblée générale de l'ONU.

Le projet de résolution, rédigé par l'Arabie saoudite avec d'autres pays arabes et appuyé par l'Occident, souligne notamment l'inquiétude suscitée par les armes chimiques syriennes et appelle à cesser le bombardement des villes.

Moscou, qui accueille vendredi une importante délégation économique syrienne, a indiqué qu'il voterait contre.

Face à l'échec du processus diplomatique, Londres s'est engagé à accroître dans les semaines qui viennent son soutien "non létal" à l'opposition syrienne.

Des navires de guerre russe, qui font des manoeuvres en Méditerranée, vont effectuer dans les prochains jours une brève escale dans le port syrien de Tartous, seule base russe en Méditerranée, selon l'état-major des forces armées russes. La Russie nie que les manoeuvres soient liées à la situation en Syrie, pays auquel Moscou continue de livrer des armes.

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