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Un juge de l'Oregon donne raison à un condamné à mort qui refuse la clémence

03/08/2012 07:58 EDT | Actualisé 03/10/2012 05:12 EDT

SALEM, États-Unis - Un détenu condamné à la peine capitale qui affirme vouloir mourir peut rejeter le sursis accordé par le gouverneur de l'Oregon, a statué un tribunal de cet État vendredi.

Le juge Timothy Alexander a estimé que le meurtrier Gary Haugen n'était pas obligé d'accepter la clémence du gouverneur John Kitzhaber. L'an dernier, le condamné avait annoncé qu'il renonçait volontairement à toutes les possibilités d'appel qui pourraient retarder son exécution pendant des années. Il fait campagne pour accélérer son exécution afin de protester contre le système de justice.

Mais le gouverneur Kitzhaber, qui s'oppose à la peine de mort, a affirmé qu'aucune exécution n'aurait lieu pendant son mandat. Quelques semaines avant l'exécution prévue de Gary Haugen, M. Kitzhaber a adopté un décret interdisant l'exécution du condamné pendant toute la durée de son mandat de gouverneur. Il a dit espérer que les électeurs décident d'abolir la peine de mort en Oregon.

La porte-parole du gouverneur, Amy Wojcicki, a indiqué vendredi que M. Kitzhaber ferait probablement appel du jugement. Le gouverneur pense que son autorité prévaudra, a-t-elle dit.

Dans son jugement, le juge a expliqué qu'il était d'accord avec plusieurs préoccupations du gouverneur quant à la peine de mort, mais que les précédents judiciaires soutenaient le droit du condamné de rejeter la clémence du gouverneur.

Gary Haugen a été condamné à la prison à vie pour le meurtre de la mère de son ex-petite amie en 1981. Il a ensuite été condamné à la peine de mort pour avoir tué un codétenu en 2003.

Les électeurs de l'Oregon ont rétabli la peine de mort en 1984, et l'État a exécuté deux personnes depuis. Les deux exécutions ont eu lieu lors des deux premiers mandats de gouverneur de M. Kitzhaber, de 1995 à 2003. Les deux condamnés avaient accepté leur exécution et rejeté leurs possibilités d'appel.

Après sa réélection en 2010, M. Kitzhaber a annoncé qu'il ne permettrait pas d'exécutions pendant son mandat, se disant hanté par les deux précédentes exécutions.

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