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Syrie: Ban appelle les grandes puissances à dépasser leurs "rivalités"

03/08/2012 12:20 EDT | Actualisé 03/10/2012 05:12 EDT

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé vendredi les grandes puissances à surmonter leurs "rivalités" et à trouver un "terrain d'entente" pour agir en Syrie, estimant que le conflit était désormais "une guerre par procuration".

Le conflit syrien a confirmé les prévisions "terribles" d'experts qui prédisaient il y a 18 mois qu'il deviendrait une "guerre par procuration, avec des acteurs régionaux et internationaux armant un camp ou l'autre", a déclaré M. Ban, qui s'exprimait à l'ouverture d'un débat à l'Assemblée générale de l'ONU sur une résolution sur la Syrie..

Ces experts estimaient que si le gouvernement syrien répondait aux manifestations pacifiques par une répression brutale, le résultat serait une "radicalisation, l'extrémisme et le terrorisme", ainsi qu'une "guerre par procuration", a-t-il expliqué.

M. Ban n'a pas précisé quels étaient les acteurs de cette guerre par procuration.

Il a dit redouter désormais "la triste éventualité d'une guerre civile à long terme".

"Maintenant que la situation sur le terrain s'est aggravée, les intérêts immédiats du peuple syrien doivent prévaloir sur les rivalités ou luttes d'influence", a-t-il affirmé.

Au lendemain de la démission du médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, M. Ban a estimé que "les vives divergences au sein du Conseil de sécurité avaient rendu le travail (de M. Annan) plus difficile".

Il a dit regretter les "divisions qui ont paralysé l'action du Conseil" sur la Syrie, une référence implicite aux multiples vetos mis par la Russie et la Chine à des résolutions occidentales depuis le début de la crise en mars 2011.

"Le conflit en Syrie est un test" pour l'ONU qui "ne doit pas échouer", a-t-il conclu. "Je veux que nous montrions tous au peuple syrien et au monde que nous avons retenu les leçons de Srebrenica", où des milliers de musulmans avaient été massacrés par les forces serbes de Bosnie en juillet 1995. Des Casques bleus néerlandais de l'ONU, en petit nombre et mal armés, n'étaient pas intervenus pour empêcher le massacre.

M. Ban s'est rendu récemment dans la région des Balkans et a visité le site du massacre.

L'Assemblée générale doit voter vendredi sur un texte présenté par le groupe arabe qui dénonce le pilonnage des villes rebelles par l'armée syrienne, réclame une transition politique en Syrie et déplore l'incapacité du Conseil de sécurité à contraindre Damas à mettre fin à la violence.

avz/mdm

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