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03/08/2012 09:16 EDT | Actualisé 03/10/2012 05:12 EDT

Pilonnage à Damas et Alep, vote attendu à l'Assemblée générale de l'ONU

L'armée bombardait vendredi les quartiers rebelles à Damas et Alep, théâtre d'une bataille cruciale dans la guerre en Syrie, avant un vote à l'ONU sur une résolution dénonçant le recours aux armes lourdes par le régime et appelant à une transition politique.

Malgré les violences qui ont encore fait neuf morts selon une ONG syrienne, des milliers de personnes sont descendues dans les rues à Tartous, Idleb (nord-ouest), Deraa (sud), Hama (centre) et Alep (nord) où les manifestants ont appelé à "exécuter Bachar".

Au lendemain de l'annonce de la démission du médiateur international Kofi Annan après des mois d'efforts infructueux pour mettre un terme à plus de 16 mois de violences, la Russie, pays allié du régime de Bachar al-Assad, a appelé à le remplacer "d'urgence".

Mettant à profit les divisions internationales, le régime reste déterminé à en finir avec la révolte lancée en mars 2011, et qui s'est militarisée face à la répression sanglante.

L'armée livrait ainsi bataille aux rebelles dans le quartier de Tadamoun à Damas, voisin du camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk où 21 civils ont été tués jeudi par des tirs d'obus, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Des tirs d'artillerie plus ou moins forts résonnent depuis le matin à Damas.

Des combats ont également éclaté aux abords de l'aéroport militaire à Marj el-Sultane dans la province de Damas, selon l'ONG. L'armée avait pris il y a une semaine le contrôle de la capitale après des combats violents et cherche à nettoyer les poches de résistance rebelle.

Dans la deuxième ville du pays, Alep, le quartier de Salaheddine était à nouveau bombardé par les soldats qui encerclent ce principal bastion rebelle et plusieurs autres quartiers de la cité.

"La violence continue de s'intensifier" à Alep où des renforts "considérables" ont été dépêchés pour la "grande bataille", a estimé le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Hervé Ladsous.

Les insurgés affirment contrôler la moitié d'Alep. Selon une source de sécurité, l'armée "observe et teste le système de défense des terroristes (...) avant de les annihiler en menant une opération chirurgicale".

Le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés n'avait pas pu faire entrer la veille de l'aide humanitaire à Alep en raison du blocus militaire, faisant état d'une coupure des téléphones portables et internet. Selon l'organisation, quelque 7.200 personnes ont trouvé refuge dans 45 écoles et six dortoirs.

Les bombardements n'ont pas empêché les manifestants de descendre par centaines dans les rues d'Alep, notamment dans le quartier al-Chaar en scandant "nous voulons exécuter Bachar", "nous voulons la liberté et la paix", a constaté le journaliste de l'AFP.

"On descend dans la rue avec pour unique objectif: la libération du pays", affirme Abou Ahmad, un manifestant de 20 ans.

Des manifestations se sont aussi déroulées dans d'autres villes du pays, dont Hama où des "dizaines" de civils et de rebelles ont été tués jeudi, selon l'OSDH. Les militants ont dénoncé un nouveau "massacre".

Face à la spirale de violences et à l'échec des efforts pour le règlement du conflit qui a fait plus de 20.000 morts en 16 mois selon l'OSDH, le médiateur Kofi Annan a jeté l'éponge jeudi, fustigeant le manque de soutien des grandes puissances à sa mission et les divisions de la communauté internationale.

Moscou et Pékin ont bloqué au Conseil de sécurité trois projets de résolution occidentaux condamnant la répression menée par le régime syrien. Le plan de paix de M. Annan, malgré son approbation par la communauté internationale, est resté lettre morte.

L'ONU doit mener des consultations avec la Ligue arabe pour nommer un successeur. Le régime syrien, Pékin, Moscou et Téhéran ont regretté cette démission, Washington accusant la Chine et la Russie d'en être responsables.

Les divisions devront d'ailleurs ressurgir à l'Assemblée générale de l'ONU.

Celle-ci doit voter sur une résolution présentée par des pays arabes appuyés par l'Occident pour dénoncer le pilonnage des villes par l'armée, réclamer une transition politique et souligner l'inquiétude suscitée par les armes chimiques syriennes.

Moscou a indiqué qu'il voterait contre.

Cette initiative a une portée essentiellement symbolique puisque l'Assemblée ne peut émettre que des recommandations..

Face à l'échec jusque-là du processus diplomatique, Londres s'est engagé à accroître son soutien "non létal" à l'opposition syrienne.

Des navires de guerre russes, qui font des manoeuvres en Méditerranée, vont effectuer pour leur part dans les prochains jours une brève escale au port syrien de Tartous, seule base russe en Méditerranée, selon l'état-major.

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