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Malgré lui, le chef caquiste François Legault a volé la vedette à ses rivaux

03/08/2012 11:36 EDT | Actualisé 03/10/2012 05:12 EDT

QUÉBEC - Bien malgré lui, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a volé la vedette à ses adversaires, vendredi, alors qu'une rumeur laissait entendre que l'ancien chef de l'unité anticollusion Jacques Duchesneau, auteur d'un rapport coup de poing sur la corruption, allait se porter candidat à ses côtés dans Saint-Jérôme.

La rumeur, jamais confirmée même si plusieurs médias tiennent pour acquis qu'elle est fondée, a tôt fait de laisser dans l'ombre les nombreux engagements pris par lui-même et les deux autres chefs, en cette troisième journée de campagne.

«Si j'ai quelque chose à annoncer, je l'annoncerai, mais aujourd'hui, je n'ai rien à annoncer concernant Jacques Duchesneau», a répété inlassablement M. Legault, devant l'insistance des journalistes.

On n'a donc pas su si M. Duchesneau allait être sur les rangs, mais on a su, par ailleurs, que si la CAQ était portée au pouvoir, c'en serait fini de l'attente à l'urgence et de l'attente pour trouver enfin un médecin de famille. C'est du moins ce qu'a promis M. Legault vendredi, entouré de son candidat-vedette dans Terrebonne, le docteur Gaétan Barrette, en s'engageant à réussir là où les libéraux de Jean Charest avaient échoué.

Ainsi, tous les Québécois auraient un médecin de famille, grâce à des cliniques regroupant des groupes de médecine familiale (GMF) en plus grand nombre et surtout ouvertes les soirs jusqu'à 22 heures et le week-end. Coût de la mesure: 500 millions $ par année.

À part la rumeur relative à Jacques Duchesneau, une autre surprise, moins agréable, attendait M. Legault vendredi: la démission de l'agent officiel de la CAQ, Marc Deschamps, qui jouait un rôle-clé dans le comité organisateur de la campagne. Son nom a fait surface dans un scandale immobilier, le controversé projet du Faubourg Contrecoeur, à Montréal.

Cette démission indique que François Legault, qui se présente comme un leader au-dessus de tout soupçon sur le plan de l'intégrité, n'est pas prêt à gouverner le Québec, selon la chef péquiste Pauline Marois, de passage à Sorel-Tracy pour parler d'économie.

Tout cela sent l'improvisation, selon la chef péquiste, ajoutant que cette tuile survient à la suite d'une série de cafouillages reliés à la liste des donateurs au parti et le rejet de candidats indésirables.

Mme Marois était dans la circonscription de Richelieu, aux côtés de la candidate Élaine Zakaïb, où elle a rappelé l'engagement de son parti de créer la «Banque de développement économique du Québec», un guichet unique destiné à stimuler l'économie des régions en donnant accès à du capital de risque aux petites et moyennes entreprises.

Elle aussi plaidé de nouveau en faveur d'un régime de redevances minières qui rapporterait davantage d'argent dans les coffres de l'État, par un impôt de 30 pour cent sur le surprofit des compagnies, de même qu'une redevance de base obligatoire sur la valeur brute de production.

Pendant ce temps, le chef libéral Jean Charest est revenu à la charge pour tenter de combler les besoins de main-d'oeuvre en essayant de convaincre les sexagénaires de retarder l'âge de la retraite. Il a promis d'améliorer l'accès à un crédit d'impôt (pouvant atteindre 1500 $) pour les travailleurs expérimentés, qui pourraient être ainsi tentés de demeurer plus longtemps sur le marché du travail.

Mais il a surtout brandi le spectre d'un référendum, pour inciter sa base naturelle, les électeurs anglophones, à aller voter le 4 septembre.

«Vous restez à la maison, vous ne votez pas et vous allez peut-être vous retrouver avec un référendum par défaut parce que vous n'êtes pas allés exprimer votre vote», a-t-il dit, à l'intention de sa base anglophone.

M. Charest a reconnu que dans certaines circonscriptions qui comptent une importante communauté anglophone, le taux de participation avait été bas, lors de la dernière élection, en 2008.

Contrairement à M. Charest, l'ancien chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, craint qu'une division du vote souverainiste menace l'élection du PQ et, par conséquent, l'éventuelle tenue d'un référendum. Dans une entrevue à La Presse Canadienne, M. Duceppe, qui se dit prêt à reprendre du service pour le Parti québécois (PQ), s'est livré à une charge virulente contre le député de Québec solidiaire Amir Khadir, qu'il juge opportuniste et populiste.

De son côté, le maire de Québec, Régis Labeaume, s'est invité dans la campagne en présentant la traditionnelle «liste d'épicerie» adressée aux chefs des différents partis. Pas de surprise: M. Labeaume, toujours prêt à en découdre avec les syndicats, insiste pour que l'Assemblée nationale lui accorde en priorité le droit de décréter des lock-out contre les employés de la ville.

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