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L'Iran accuse l'Occident d'être à l'origine de l'échec de la mission Annan

03/08/2012 07:51 EDT | Actualisé 03/10/2012 05:12 EDT

Le ministre iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi a accusé l'Occident, notamment les Etats-Unis, d'être à l'origine de l'échec de la mission du médiateur international Kofi Annan en Syrie, pays en proie à un conflit sanglant depuis plus de 16 mois.

"L'Occident et certains pays de la région ne voulaient pas que Annan réussisse dans sa mission. A chaque fois qu'il cherchait à résoudre la crise, l'Occident créait des obstacles", a dit M. Salehi, dont le pays est un allié du régime de Bachar al-Assad, cité par l'agence officielle IRNA.

Selon lui, la démission de M. Annan de son poste d'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, annoncée jeudi, est due à l'instransigeance des Etats-Unis au sein du Conseil de sécurité de l'ONU et non à celle de Moscou et Pékin, également des alliés du régime syrien, comme Washington l'a affirmé.

"L'absence d'unité au Conseil de sécurité évoquée par M. Annan ne concernait pas la Russie ou la Chine. Les Américains ont détourné (cette accusation) pour la mettre sur le dos (de Moscou et Pékin) et cherchent à imposer leurs propres idées car ils ne veulent pas dire la vérité", a dit M. Salehi.

Le plan de paix de M. Annan a été accepté par la Syrie et d'autres pays régionaux mais, selon le ministre iranien, les Etats soutenant les rebelles "n'ont pas permis à M. Annan de réussir dans la mise en application de son initiative".

Il a émis l'espoir que le successeur de M. Annan travaillera de manière "indépendante" comme l'avait fait ce dernier, et averti que tout médiateur qui s'alignerait sur les Occidentaux "échouerait, car l'autre partie ne voudra pas coopérer avec lui".

De son côté, l'ayatollah ultraconservateur Ahmad Jannati a déclaré lors de son prêche à Téhéran que les "Etats-Unis, Israël, l'Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar travaillent main dans la main pour renverser le régime. Qui ne sait pas que vous intervenez directement en Syrie", a-t-il lancé.

Plus tôt, le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes , cité par IRNA, a affirmé que la démission de M. Annan était le résultat "d'ingérences" de certains Etats non identifiés, et a laissé entendre que l'Iran pourrait désormais jouer un plus grand rôle dans le règlement du conflit.

Il n'a pas nommé ces pays mais Téhéran accuse l'Arabie saoudite, le Qatar et la Turquie d'armer les rebelles en Syrie, en collusion avec les Etats-Unis et Israël.

Washington, pour sa part, accuse l'Iran de fournir armes et expertise aux forces du régime syrien.

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