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Le centre de Londres déserté pendant les Jeux olympiques

03/08/2012 10:32 EDT | Actualisé 03/10/2012 05:12 EDT

LONDRES - Alors que les foules se massent dans l'est de la capitale britannique pendant les Jeux olympiques, le centre de Londres reste désert, et les commerçants s'en désolent.

L'immense centre commercial de Westfield, à côté du parc olympique, est très fréquenté par des spectateurs ou des clients désireux de plonger dans l'ambiance des Jeux.

Mais de l'autre côté de la ville, dans le West End, le principal quartier commerçant de Londres, l'atmosphère est étrangement calme. Il reste de nombreuses tables libres aux terrasses des restaurants, les trottoirs sont clairsemés et dans les boutiques, les vendeurs sont aux petits soins.

«C'est un fiasco», affirme Peter Forrest, un artiste de rue de Covent Garden, une zone commerciale habituellement envahie de touristes. Pour lui, les Jeux olympiques risquent d'être «les deux pires semaines jamais vues en termes de revenus».

«C'est à cause de Boris. Il a dit à tout le monde de ne pas venir», a-t-il ajouté, en référence à Boris Johnson, le coloré maire de Londres.

De nombreux commerces accusent le maire, les dirigeants des transports publics et les organisateurs des Jeux d'avoir dissuadé les gens de venir au centre de Londres. Prévoyant un million de visiteurs pour les Jeux, ils avaient prévenu les Londoniens des complications possibles dans les transports et leur avaient demandé de prévoir un itinéraire de rechange ou de travailler de chez eux.

Le message a été trop bien reçu, estiment les professionnels du tourisme.

Selon Tom Jenkins, directeur général de l'Association des voyagistes européens, Londres accueille normalement 300 000 touristes étrangers et 800 000 touristes britanniques par jour au mois d'août.

«On a dit implicitement à ces personnes de ne pas venir, et c'est ce qu'elles ont fait», déplore M. Jenkins.

À Leicester Square, habituellement si bondé de touristes que les Londoniens évitent le secteur, quelques familles sont allées pique-niquer cette semaine. Des vendeurs de billets de spectacles tentaient d'attirer les quelques passants. Les volontaires olympiques déployés pour fournir des renseignements n'étaient pas très sollicités.

Jenny Logan, une étudiante américaine qui voyage en Europe pour l'été, a été surprise par l'atmosphère calme de Londres.

«Nous pensions que ce serait plus fou, avec des gens partout, des discothèques bondées et une ambiance frénétique comme dans les autres villes que nous avons visitées en Europe», a-t-elle raconté. «Mais jusqu'à présent, la vie nocturne est calme et les petits restaurants que nous voulions aller voir dans les ruelles pavées ont été désertés. Que se passe-t-il?»

La baisse de fréquentation se retrouve partout. Le zoo de Londres a enregistré une baisse de 40 pour cent du nombre de visiteurs la semaine dernière par rapport à la même période l'an dernier. Au Musée d'histoire naturelle, les salles sont inhabituellement calmes.

La productrice de théâtre Nica Burns, interrogée par le journal «Evening Standard», a déclaré qu'il y avait une «hémorragie» du public. «Dans mes six salles, la semaine dernière a été la pire de l'année», a-t-elle déclaré.

Christopher Woodward, directeur du Garden Museum, a noté une baisse importante du nombre de réceptions de mariage pendant les Jeux olympiques et paralympiques, jusqu'au 9 septembre.

«Il est important de voir plus large, les Jeux sont une publicité mondiale pour Londres, dont les retombées seront récoltées pendant de nombreuses années», a tempéré le gouvernement dans un communiqué.

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