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L'Assemblée générale de l'ONU dénonce la répression en Syrie

03/08/2012 01:28 EDT | Actualisé 03/10/2012 05:12 EDT

NEW YORK, États-Unis - L'Assemblée générale des Nations unies a dénoncé par une forte majorité, vendredi, la répression du régime syrien contre les dissidents, dans un effort symbolique visant à pousser le Conseil de sécurité de l'ONU et la communauté internationale à agir pour faire cesser le bain de sang en Syrie.

Avant le vote, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a rappelé aux membres de l'Assemblée générale les récentes violences dans la ville d'Alep et a établi un lien entre la paralysie de la communauté internationale en Syrie et l'incapacité de celle-ci à empêcher les génocides à Srebrenica et au Rwanda.

«La conflit en Syrie est un test de la raison d'être de cette organisation», a dit M. Ban. «Je ne veux pas que les Nations unies d'aujourd'hui échouent ce test.»

Le vote est survenu après que la Russie et la Chine eurent opposé leur veto à des résolutions du Conseil de sécurité qui auraient ouvert la voie à des sanctions internationales contre le régime syrien.

L'Assemblée générale a approuvé la résolution par 133 voix pour, 12 contre et 31 abstentions. L'ambassadeur de Syrie, visiblement en colère, a qualifié le vote de «pièce de théâtre».

Les résolutions de l'Assemblée générale ne sont pas contraignantes, mais elle portent une importante charge symbolique.

Néanmoins, les pays arabes qui ont présenté la résolution ont affaibli la portée de deux dispositions clés: demander le départ du président Bachar el-Assad et appeler les autres pays à imposer des sanctions à son régime.

La Russie et la Chine se sont opposées à ces deux parties de la résolution. Les deux pays ont voté non vendredi, de même que la Syrie, Cuba, l'Iran, la Corée du Nord, le Bélarus, la Bolivie, le Nicaragua, la Birmanie, le Zimbabwe et le Venezuela.

La résolution révisée critique indirectement la Russie et la Chine en déplorant «l'incapacité d'agir du Conseil de sécurité».

La frustration face à la paralysie du Conseil était évidente vendredi. La veille, l'émissaire spécial de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan, a annoncé qu'il démissionnait de son poste devant l'échec de sa mission. L'ancien secrétaire général de l'ONU a affirmé qu'il ne pouvait faire son travail si les 15 membres du Conseil de sécurité de l'ONU ne l'appuyaient pas entièrement.

Ban Ki-moon a affirmé vendredi que «les actes de brutalité» rapportés à Alep, dans le nord de la Syrie, «pourraient constituer des crimes contre l'humanité ou des crimes de guerre». Il a appelé à une enquête et a affirmé que les auteurs de ces crimes seraient tenus responsables de leurs actes.

Les affrontements et les tirs d'artillerie lourde se sont poursuivis vendredi à Alep, en particulier dans le quartier Salaheddine. La veille, les rebelles se sont emparés d'un char des forces gouvernementales et ont tiré sur une base militaire aérienne située en périphérie de la ville.

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés a affirmé vendredi que «la terreur s'empare de la population» d'Alep et qu'une aide humanitaire «y est désespérément requise». Le Croissant-Rouge syrien a indiqué que 45 écoles et six dortoirs universitaires d'Alep abritaient présentement 7200 réfugiés.

Le responsable des opérations humanitaires de l'ONU, Hervé Ladsous, a prévenu jeudi soir que les forces gouvernementales pourraient lancer un assaut majeur sur Alep au cours des prochains jours pour reprendre le contrôle des quartiers tenus par les rebelles.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme, une organisation de l'opposition établie à Londres, a par ailleurs rapporté vendredi que des obus de mortier étaient tombés jeudi soir sur le camp de réfugiés palestiniens de Yarmouk, à Damas, tuant au moins 20 personnes.

«Nous ne savons pas d'où venaient les obus de mortier, s'ils venaient du régime syrien ou pas», a précisé Rami Abdul Rahman, le directeur de l'Observatoire.

Il a évoqué la possibilité de tirs perdus dans les combats qui se déroulent dans le quartier voisin de Tadamon. L'attaque sur Yarmouk s'est en effet produite alors que les combats faisaient rage entre les forces du régime et les combattants de l'insurrection à Tadamon.

L'agence officielle syrienne SANA a imputé les tirs d'obus à des «mercenaires terroristes», le terme employé par le régime pour désigner les insurgés.

Le camp de Yarmouk abrite près de 150 000 réfugiés palestiniens et leurs descendants. Les réfugiés palestiniens en Syrie sont restés à l'écart du conflit depuis le début du mouvement de contestation contre le président Bachar el-Assad. Mais le camp est situé près de quartiers favorables aux rebelles et ses habitants ont fini par être entraînés malgré eux dans les affrontements.

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