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La justice française saisit un immeuble appartenant à la Guinée équatoriale

03/08/2012 02:42 EDT | Actualisé 03/10/2012 05:12 EDT

PARIS - La justice française a saisi un immeuble parisien appartenant à la famille du président de Guinée équatoriale dans le cadre de l'affaire des «biens mal acquis», ont annoncé des sources judiciaires vendredi.

L'immeuble visé est situé au 40-42 avenue Foch, dans le XVIe arrondissement de Paris, selon les mêmes sources.

Une perquisition avait été déjà été menée en février dans cet immeuble appartenant à Teodoro Nguema Obiang Mangue, fils du président la Guinée équatoriale, un petit pays d'Afrique centrale riche en pétrole, en gaz et en bois.

«La justice n'a pas le droit de le saisir. Il s'agit d'un immeuble d'État affecté à un usage diplomatique, tout cela a été enregistré», a affirmé l'avocat de Teodoro Nguema Obiang Mangue, Me Emmanuel Marsigny.

«Cet immeuble n'est plus sa propriété depuis octobre 2011 et appartient à l'État de Guinée équatoriale» par l'entremise de cinq sociétés enregistrées en Suisse, a ajouté l'avocat.

Un mandat d'arrêt international a été délivré au début du mois de juillet à l'encontre du fils du président équato-guinéen, qui ne s'est pas rendu à une convocation des juges français en charge du dossier.

«Après une première tentative diplomatique refusée comme représentant de la Guinée équatoriale à l'UNESCO, M. Obiang n'a pas hésité à se faire nommer vice-président» de son pays en mai, a dénoncé Me Joseph Breham, avocat et administrateur de Sherpa, une association anticorruption à l'origine de la plainte.

La justice française enquête depuis décembre 2010 sur les conditions d'acquisition en France de biens figurant au patrimoine de trois chefs d'État africains, feu Omar Bongo (Gabon), Denis Sassou Nguesso (Congo-Brazzaville) et Teodoro Obiang Nguema (Guinée équatoriale).

En septembre 2011, les policiers français avaient saisi seize véhicules de luxe, dont une Bugatti estimée à plus d'un million d'euros, appartenant à Obiang fils.

«Les voitures saisies, le mandat d'arrêt, la saisie de l'appartement, tout cela est illégal. Un jour, une juridiction va se prononcer sur la légalité de tout cela», a estimé Me Marsigny.

Le gouvernement américain s'intéresse également à M. Obiang. En octobre 2011, il a dit vouloir récupérer une somme de 70 millions $ US de biens mal acquis aux États-Unis par le fils du président équato-guinéen, dont un manoir à Malibu, un avion Gulfstream et des souvenirs de Michael Jackson.

Selon un rapport du ministère américain de la Justice daté du mois de juin, Teodoro Nguema Obiang Mangue aurait dépensé plus de 300 millions $ US de 2000 à 2011 pour acquérir des biens de grande valeur sur quatre continents, pour un montant supérieur aux bénéfices que sont censées dégager les deux entreprises forestières qu'il dit posséder.

Le rapport fournit en outre des éléments qui tendent à démontrer que ces deux sociétés n'existeraient que sur le papier et agiraient uniquement comme vecteurs de revenus pour le fils du président équato-guinéen.

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