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La justice française saisit l'hôtel particulier des Obiang à Paris

03/08/2012 12:55 EDT | Actualisé 03/10/2012 05:12 EDT

Les ennuis français du fils du président équato-guinéen s'accumulent dans l'affaire des "biens mal acquis": cible d'un mandat d'arrêt international, privé de ses voitures de luxe, Teodorin Obiang a vu son hôtel particulier parisien saisi par la justice française.

Ce bâtiment de six étages est situé sur l'avenue Foch, l'une des plus prestigieuses et chères de la capitale française, et sa valeur est estimée entre 100 et 150 millions d'euros. Il a été saisi le 19 juillet, a annoncé vendredi à l'AFP une source proche du dossier, ce qu'a confirmé une source judiciaire.

Cette saisie avait eu lieu quelques jours après l'émission d'un mandat d'arrêt international contre Teodorin Nguema Obiang par deux juges d'instruction français qui le soupçonnent de détournement de fonds publics de Guinée équatoriale. Auparavant, le fils du président Obiang avait refusé de se présenter devant ces magistrats français qui le convoquaient.

En février, la justice française avait déjà saisi 200 m3 de biens de très grande valeur dans le somptueux hôtel particulier de plusieurs milliers de mètres carrés, abritant notamment une boîte de nuit et un salon de coiffure. La perquisition hors normes avait duré dix jours et le déménagement des biens saisis avait nécessité plusieurs camions.

Les enquêteurs étaient repartis avec des tableaux de maître, une horloge d'une valeur estimée à 3 millions d'euros, du mobilier de prestige ou encore de grands vins coûtant plusieurs milliers d'euros la bouteille...

En septembre 2011, la justice avait déjà privé Teodorin Obiang de onze bolides (Ferrari, Bugatti, etc.).

La Guinée équatoriale avait alors exprimé sa "totale indignation" devant ce qu'elle estimait être une "illégitime persécution". Mais la famille Obiang avait été déboutée d'une procédure en justice intentée contre la saisie.

Depuis, Teodorin Obiang a été nommé, fin mai, deuxième vice-président de son pays après avoir exercé la fonction de ministre de l'Agriculture depuis 2008.

Selon son avocat, Me Emmanuel Marsigny, il bénéficie à ce titre d'une immunité, de même que l'hôtel particulier: "L'immeuble appartient à la Guinée équatoriale, c'est un immeuble d'Etat à usage diplomatique, la justice n'a pas du tout le droit de le saisir", a réagi l'avocat vendredi.

A Malabo, les autorités n'ont fait aucun commentaire officiel, vendredi. Et, à Paris, l'ambassade de Guinée équatoriale en France n'a pu être jointe.

Mais les téléspectateurs équato-guinéens ont pu voir Teodorin inaugurer, au côté de son père, un pont sur le fleuve Wele, marquant ainsi le 33e anniversaire du coup d'Etat du 3 août 1979 qui avait porté Teodoro Obiang au pouvoir.

Les juges français enquêtent depuis décembre 2010 sur les conditions dans lesquelles trois chefs d'Etat africains - Teodoro Obiang Nguema, Denis Sassou Nguesso du Congo (Brazzaville) et le défunt président du Gabon, Omar Bongo Ondimba - ont acquis un important patrimoine en France.

Les investigations ont récemment conduit les enquêteurs en Espagne pour interroger des propriétaires de sociétés forestières ayant dû fuir la Guinée équatoriale, qui auraient été ruinés par le paiement de commission illégales à Teodorin Obiang en tant qu'ancien ministre de l'Agriculture.

Teodorin Obiang est également visé par une plainte pour corruption aux Etats-Unis où le département de la Justice le soupçonne d'avoir exigé le paiement de taxes de la part d'entreprises, et de détournement de fonds publics. Le département américain de la Justice cherche, lui aussi, à obtenir la saisie de biens, sur le sol américain.

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