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JO-2012/Adzo Kpossi, la plus jeune athlète à Londres et l'honneur du Togo

03/08/2012 10:02 EDT | Actualisé 03/10/2012 05:12 EDT

Elle s'entraîne dans les piscines d'hôtels de Lomé et porte des maillots de bain d'occasion achetés au marché. A 13 ans, la nageuse togolaise Adzo Kpossi, plus jeune athlète des JO-2012, s'est fixée un but: battre son record personnel, loin des performances de ses concurrentes.

Sa participation aux JO sur 50 mètres nage libre relève presque du miracle. L'adolescente "n'a pas de matériel pour s'entraîner, pas de planche, pas de palmes, pas de sangles", raconte son père et coach, Kwami Kpossi.

Faute de piscine publique dans la capitale togolaise, elle enchaîne les longueurs cinq fois par semaine dans deux complexes hôteliers: "les directeurs nous autorisent à venir nager gratuitement" après l'école, explique, reconnaissant, Kwami Kpossi, ancien professeur de sport.

Malgré tout, l'entraînement d'Adzo représente un énorme sacrifice pour cette famille modeste: "la piscine est à 12 km de chez nous. Ca nous coûte très cher. Tous les trois jours, je dois remettre du carburant. Mais le Comité national togolais nous a donné un forfait pour payer l'essence" avant les JO, poursuit le père, entièrement dévoué à l'entraînement de sa fille.

"J'aime l'effort", confie Adzo de sa voix fluette, les mains enfoncées dans une veste aux couleurs du Togo et ses longs pieds dépassant de tongs bon marché.

Malgré son immense détermination, son meilleur chrono sur 50 mètres nage libre, sa distance de prédilection, est de 44 sec 60. Presque le double du record du monde (23 sec 73).

L'adolescente n'a pas réalisé les minima pour être sélectionnée aux JO de Londres. Elle a toutefois été repêchée grâce au principe de l'universalité olympique, qui permet à tous les comités olympiques nationaux d'être représentés en natation et en athlétisme même en l'absence de sportifs qualifiés.

Mais dès son arrivée dans la capitale britannique mi-juillet, pas de chance, Adzo a fait une crise de paludisme. "J'ai passé trois jours à l'hôpital. Mais là, je suis en forme", assure-t-elle.

Son père n'en est pas si sûr. "Si elle n'arrive pas à honorer ses engagements, qu'on ne m'en tienne pas rigueur!", supplie-t-il. "Comme elle est la plus jeune athlète, je veux qu'elle montre que ce n'est pas l'âge, mais la détermination, l'amour de la discipline qui prévaut".

"Bonne chance petite!", lui lance tendrement un athlète rwandais au village olympique. "L'essentiel, c'est de participer", lui rappelle un nageur de Centrafrique, avec qui elle est a sympathisé.

"Mon objectif personnel est de battre mon record personnel. Je pense que je peux y arriver avec le soutien de mes amis. Ils m'ont dit de ne pas regarder les autres, de sauver l'honneur du Togo", explique la jeune fille aux cheveux finement tressés. "Je remets tout ça dans les mains de l'Eternel".

Vendredi, dans le bassin olympique, devant des milliers de spectateurs, elle a réalisé l'avant-dernier temps des séries du 50 mètres nage libre dames. Mais peu importe, elle a rempli son contrat, et haut la main: elle a nagé en 37 sec 55 et établi un nouveau record personnel.

bed/alm/heg

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