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JO-2012 - Jeux vus d'ailleurs: Avec ou sans électricité, les Zambiens rêvent devant les Jeux

03/08/2012 06:11 EDT | Actualisé 03/10/2012 05:12 EDT

Depuis leur triomphe à la Coupe d'Afrique des nations de foot, les Zambiens croient aux miracles, et bien que leur maigre délégation n'ait quasiment aucune chance de médaille, ils suivent les Jeux avec passion, même s'il faut courir d'une télévision à l'autre au gré des coupures de courant.

Le premier dimanche de compétition, le nageur local Zane Jordan allait plonger pour les séries du 100 mètres dos lorsque l'électricité a subitement été coupée dans la capitale Lusaka, comme c'est le cas régulièrement, Jeux ou pas Jeux.

"Je suis terriblement déçu par ZESCO (la compagnie nationale d'électricité). C'est inacceptable et on ne peut pas continuer à sauter d'un bar à l'autre pour trouver les endroits où ils ont un générateur", se plaint Fines Muyumba, un supporteur du quartier de Chilenje, dans la capitale.

D'autant que ZESCO prévoyait d'autres coupures dans les jours à venir.

Au point que les citadins regrettent de ne pas suivre les Jeux depuis la campagne, où les gens sont équipés de générateurs d'appoint. "C'est mieux de vivre au village qu'ici. On va rater tous les combats", se désole Tungson Zimba, un fan de boxe privé du premier et unique combat de son compatriote Gilbert Choombe, battu au premier tour en moins de 64 kg le 31 juillet.

Ce petit pays d'Afrique australe, peuplé de 13 millions d'habitants, peu habitué aux honneurs internationaux, s'est soudain découvert une âme de grande puissance sportive lorsque ses footballeurs ont remporté, à la surprise générale, la dernière Coupe d'Afrique des nations en février, en battant la Côte d'Ivoire de Didier Drogba en finale.

Aux Jeux, les Zambiens doivent pourtant compter sur un miracle pour ramener une médaille. La délégation ne compte que sept athlètes, dont trois ont été retenus sur invitation. Les quatre autres, bien que qualifiés régulièrement, n'ont jamais brillé au plus haut niveau international.

"Nos chances de ramener une médaille sont infimes, mais dans certains sports la chance joue un rôle et les miracles surviennent", admet Clément Chileshe, directeur du Centre olympique de développement pour la jeunesse.

"En judo et en boxe, on a une chance si on tombe sur des adversaires pas trop coriaces dans les premiers tours."

Le Centre olympique est un complexe d'entraînement multisports inauguré en mai 2010 en présence du président du CIO Jacques Rogge, pour promouvoir en Zambie un entraînement "scientifique" à l'usage des sportifs de haut niveau.

"Nous sommes maintenant sur la bonne voie, et nous sommes certains que tous les talents que Dieu a donnés à la Zambie vont désormais s'épanouir et éclater à la face du monde", dit Chileshe.

"Mon espoir, c'est que nos jeunes athlètes à Londres tirent le meilleur de l'esprit olympique, et qu'ils y trouvent l'inspiration pour travailler plus dur et plus rationnellement, pour réussir dans leur sport, mais aussi dans leur vie".

Pour l'heure, seuls trois des sept athlètes retenus pour les Jeux vivent en Zambie. Le pays est représenté par un boxeur, un judoka, deux nageurs et trois athlètes (sprint et demi-fond).

Mirriam Moyo, la présidente du Comité olympique Zambien, estime que son pays ne peut pas faire plus pour l'instant, mais reconnaît qu'"il serait mieux de pouvoir envoyer davantage de sportifs par discipline, parce que cela enlève de la pression aux athlètes".

"Mais nous sommes heureux d'avoir sept athlètes, d'autant plus que quatre d'entre eux se sont qualifiés régulièrement, ce qui nous permet d'espérer qu'ils feront de bonnes performances dans les compétitions à venir, grâce à une bonne préparation, maintenant que nous avons le Centre olympique", dit Mme Moyo.

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