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Washington prolonge l'embargo sur les importations birmanes

02/08/2012 03:57 EDT | Actualisé 02/10/2012 05:12 EDT

Le Congrès des Etats-Unis a prolongé jeudi l'embargo sur les importations birmanes, cherchant à maintenir la pression sur le pays dont les récentes réformes engagées avaient pourtant entraîné un allègement des sanctions américaines à son encontre.

Les élus ont dit être encouragés par les récents changements intervenus en Birmanie, mais veulent conserver un moyen de pression pour obtenir de plus grandes avancées.

"En prolongeant cette loi aujourd'hui, et même si nous pouvons faire preuve d'une certaine souplesse, nous envoyons un signal fort à la Birmanie", a déclaré le représentant démocrate Joe Crowley. Ce dernier a rappelé que les Etats-Unis réclamaient toujours "la libération immédiate de tous les prisonniers politiques et d'opinion, la fin des violences contre les minorités, et l'adoption d'une véritable réforme démocratique en Birmanie".

Depuis la dissolution de la junte en mars 2011, le gouvernement dirigé par d'anciens généraux a multiplié les réformes, libérant notamment des centaines de prisonniers politiques et permettant à l'opposante Aung San Suu Kyi de devenir députée.

Certaines restrictions sur la Birmanie avaient été atténuées par le président américain Barack Obama dans l'espoir d'encourager la poursuite des réformes. Le 11 juillet, il a ainsi permis aux entreprises américaines d'investir en Birmanie et de faire des affaires avec ses controversées compagnies pétrolière et gazière d'Etat.

Malgré les réformes et les ordres donnés par le président Thein Sein, la violence ethnique, endémique dans le pays, se poursuit. Au Nord, les militaires affrontent les rebelles de l'Etat de Kachin, tandis qu'au Sud-Ouest, les Rohingya, des musulmans non reconnus comme minorité par le gouvernement, sont régulièrement pris pour cible par la foule, à majorité bouddhiste.

L'organisation Human Rights Watch affirme que lors de violences récentes, des membres des forces de sécurité birmanes ont ouvert le feu sur les Rohingya, se rendant aussi coupables de viols.

Farah Pandith, représentante des Etats-Unis auprès des communautés musulmanes, en visite dans le pays de dimanche à mercredi, a rencontré des membres des Rohingya et d'autres groupes ethniques pour "aborder des sujets de coopération comme l'éducation, l'Etat de droit et les opportunités économiques", a indiqué le département d'Etat.

sct/sat/sam

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