NOUVELLES

Syrie: le départ d'Annan met en relief les blocages chinois et russe (USA)

02/08/2012 01:18 EDT | Actualisé 02/10/2012 05:12 EDT

Les Etats-Unis ont accusé jeudi la Chine et la Russie d'être responsables de la démission de Kofi Annan de son poste de médiateur pour la Syrie en raison du blocage systématique qu'ils ont opposé aux projets de résolutions pour sortir de la crise au Conseil de sécurité de l'ONU.

Le porte-parole du président Barack Obama, Jay Carney, a souligné à bord de l'avion Air Force One que le départ de M. Annan mettait "en relief l'échec de la Russie et de la Chine pour soutenir des résolutions décisives au Conseil de sécurité contre (le président syrien Bachar al-)Assad, qui auraient rendu Assad responsable".

La Russie et la Chine ont bloqué trois résolutions au Conseil de sécurité qui prévoyaient des sanctions contre la Syrie.

"Ces veto ont été très regrettables et placé la Russie et la Chine du mauvais côté de l'histoire et du mauvais côté du peuple syrien", a ajouté M. Carney.

Selon lui, la démission de M. Annan met également en lumière le refus du président syrien de faire cesser les massacres dans son pays.

Le porte-parole a par ailleurs précisé que Barack Obama avait apprécié la volonté de l'ancien secrétaire général de l'ONU de servir d'envoyé spécial en Syrie, et ses efforts pour tenter de sortir de la crise.

M. Annan a informé jeudi matin l'ONU et la Ligue arabe "de son intention de ne pas renouveler son mandat quand il expirera le 31 août 2012". Il avait été nommé le 23 février à ce poste mais son plan de paix en six points pour régler le conflit en Syrie, prévoyant un arrêt des combats entre gouvernement et opposition armée et une transition politique, n'a jamais pu être appliqué.

Kofi Annan a justifié sa démission jeudi à Genève en estimant ne pas avoir été assez soutenu. "Je n'ai pas reçu tous les soutiens que la cause méritait. (...) Il y a des divisions au sein de la communauté internationale. Tout cela a compliqué mes devoirs", a-t-il affirmé.

M. Carney a par ailleurs indiqué jeudi que Washington maintenait sa décision de ne pas envoyer d'armes pour aider les rebelles en Syrie, en dépit des appels à le faire. "Notre position n'a pas changé: nous fournissons une assistance +non létale+ à l'opposition", a-t-il insisté, ajoutant: "Nous ne pensons pas qu'augmenter le nombre d'armes en Syrie soit ce qu'il faut pour parvenir à une transition (politique) pacifique" dans le pays.

Les Etats-Unis avaient déjà assuré qu'ils soutiendraient les rebelles syriens avec de l'aide humanitaire et des moyens de communication, mais qu'ils s'abstiendraient de fournir une aide militaire aux opposants du régime Assad.

Mercredi, des chaînes de télévision américaines ont rapporté que Barack Obama avait signé récemment un document secret autorisant un soutien clandestin aux rebelles syriens, une information qui n'a pas été commentée par la Maison Blanche.

Jeudi, Barack Obama a par ailleurs approuvé l'octroi de 12 millions de dollars d'aide humanitaire supplémentaires pour soutenir les Syriens qui doivent faire face aux "atrocités horribles" de Bachar al-Assad.

Avec cette rallonge, ce sont au total 76 millions de dollars de nourriture, d'eau, de médicaments, de vêtements ou de kits hygiéniques qui ont été apportés à 1,5 million de personnes en Syrie, a précisé la Maison Blanche dans un communiqué.

col/bdx-sam/lor

PLUS:afp