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Syrie: Kofi Annan démissionne de son poste de médiateur de l'ONU

02/08/2012 11:05 EDT | Actualisé 02/10/2012 05:12 EDT
AP
FILE - In this Saturday, June 30, 2012 file photo, Kofi Annan, Joint Special Envoy of the United Nations and the Arab League for Syria speaks during a news conference at the United Nations headquarters in Geneva, Switzerland. On Thursday, Aug. 2, 2012, Annan said he is quitting as special envoy to Syria, effective Aug. 31. (AP Photo/Martial Trezzini, Keystone, File)

Kofi Annan a donné sa "démission" de son poste de médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, a annoncé jeudi le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon dans un communiqué.

M. Annan a informé l'ONU et la Ligue arabe "de son intention de ne pas renouveler son mandat quand il expirera le 31 août 2012", indique le texte.

M. Ban a indiqué avoir entamé des consultations avec le secrétaire général de la Ligue arabe Nabil al-Arabi pour "nommer rapidement un successeur qui puisse poursuivre ces efforts de paix essentiels".

M. Annan avait été nommé le 23 février dernier mais son plan de paix en six points pour régler le conflit en Syrie, prévoyant une cessation des combats entre gouvernement et opposition armée et une transition politique, n'a jamais pu être appliqué.

Kofi Annan a justifié sa démission jeudi à Genève en estimant ne pas avoir été assez soutenu. "Je n'ai pas reçu tous les soutiens que la cause méritait. (...) Il y a des divisions au sein de la communauté internationale. Tout cela a compliqué mes devoirs", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse annoncée à la dernière minute par l'ONU.

Ban Ki-moon a exprimé sa "très profonde gratitude (à M. Annan) pour ses efforts courageux et déterminés" et son "profond regret" de le voir partir.

L'ONU "reste impliquée dans des efforts diplomatiques pour mettre un terme à la violence" en Syrie, a-t-il souligné.

Mais il a déploré le fait que "les divisions persistantes au sein du Conseil de sécurité sont devenues un obstacle à la diplomatie, rendant le travail de tout médiateur beaucoup plus difficile". Il faisait référence implicitement au blocage au Conseil de trois résolutions sur la Syrie par un veto de Moscou et Pékin depuis le début de la crise syrienne en mars 2011.

M. Ban a regretté que l'occasion de régler la crise syrienne offerte par le plan Annan "n'aie pas été saisie, même si elle reste le meilleur espoir pour le peuple de Syrie".

"Tragiquement, la spirale de la violence continue en Syrie", a constaté M. Ban. "Le gouvernement et les forces de l'opposition continuent de montrer leur détermination à accroître la violence".

M. Annan, un diplomate ghanéen de 73 ans, prix Nobel de la Paix 2001 et ancien secrétaire général de l'ONU (1997-2006), avait été nommé envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie le 23 février.

Il s'est rendu depuis lors trois fois sur place, en mars, mai et juillet derniers, pour y rencontrer notamment le président syrien Bachar al-Assad mais sans pouvoir faire avancer les objectifs de son plan de paix.

La mission d'observateurs mis en place en Syrie par l'ONU depuis avril dernier vient d'être réduite de moitié, à 150 hommes seulement. Le Conseil de sécurité a prolongé son mandat d'un mois jusqu'au 19 août mais en avertissant que la mission serait retirée à cette date si les conditions de sécurité et les circonstances politiques ne s'amélioraient pas très nettement en Syrie d'ici là.

La Russie regrette la décision de Kofi Annan de démissionner, a déclaré jeudi l'ambassadeur russe à l'ONU Vitali Tchourkine.

"C'est sa décision, nous regrettons qu'il ait choisi de le faire (...) nous avons soutenu ses efforts", a déclaré à la presse M. Tchourkine. Il a aussi salué la décision de l'ONU et de la Ligue arabe de lui trouver un successeur pour cette "tâche terriblement difficile".

avz/bdx

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