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Les rebelles bombardent un aéroport près d'Alep, raid sanglant plus au sud

02/08/2012 04:12 EDT | Actualisé 01/10/2012 05:12 EDT

Les rebelles syriens ont bombardé jeudi un aéroport militaire près d'Alep, théâtre d'une bataille cruciale entre insurgés et forces du régime, au lendemain d'un raid sanglant contre une localité près de Damas accompagné d'exécutions et d'actes de torture.

Alors que la communauté internationale, profondément divisée, demeure incapable de trouver un moyen pour faire cesser les violences, des chaînes de télévision américaines ont rapporté que le président américain Barack Obama avait signé un document secret autorisant l'aide américaine aux rebelles.

Des représentants de la Maison Blanche ont refusé de commenter ces informations mais n'ont pas explicitement exclu l'idée que Washington apportait plus de soutien en termes de renseignement aux forces anti-Assad qu'il avait été précédemment admis officiellement.

Après que l'armée eut repris le dessus sur les insurgés à Damas au terme d'affrontements inédits à la mi-juillet, les rebelles concentrent leurs efforts sur la deuxième ville du pays, dont ils disent désormais contrôler "50%" ainsi que la quasi totalité de cette province du nord du pays.

Ils ont bombardé jeudi matin l'aéroport militaire de Menagh, à 30 km au nord-ouest d'Alep, d'où décollent les hélicoptères et les avions qui mènent des raids sur la ville, ont indiqué des sources concordantes.

"L'aéoport militaire de Menagh a été bombardé jeudi matin par un char capturé par les rebelles dans des opérations précédentes", a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG basée en Grande-Bretagne.

Un journaliste de l'AFP a entendu le bruit de bombardements et vu des tirs provenant de cette direction. Des rebelles lui ont affirmé qu'il s'agissait "d'une attaque pour prendre cet aéroport d'où partent les hélicoptères et les avions qui tirent sur Alep".

Le porte-parole des Nations unies Martin Nesirky a affirmé mercredi que, selon la mission de l'ONU en Syrie, les rebelles étaient en possession d'armes lourdes, dont des chars, à Alep, où de farouches combats ont lieu depuis le 20 juillet entre forces gouvernementales et insurgés.

Les observateurs ont également affirmé que les troupes régulières avaient eu recours à des avions de chasse pour tirer sur la ville.

Après la prise symbolique mardi de trois commissariats à Alep, les rebelles ont affirmé leur détermination à s'emparer des sièges des services de renseignements.

"Si ces sites tombent, la victoire sera possible", a affirmé le général Abdel Nasser Ferzat, un commandant de l'Armée syrienne libre (ASL), composée de déserteurs et de civils qui ont pris les armes.

De violents combats ont opposé mercredi des membres du clan pro-gouvernemental des Berri aux rebelles dans le quartier Bab Nairab, dans l'est d'Alep, au lendemain de l'exécution d'un chef des Berri, Zeino Berri, par l'ASL.

Les opérations militaires contre les rebelles se poursuivent en outre dans le reste du pays où 163 personnes ont péri mercredi dans les violences, dont 98 civils, 20 rebelles et 45 soldats, selon l'OSDH.

A Jdeidet Artouz, une localité au sud-ouest de Damas, un raid des forces de sécurité a fait 43 morts.

Les forces du régime ont pénétré à Jdeidet Artouz, ont "arrêté une centaine de jeunes et les ont enfermés dans une école où ils ont été torturés", selon l'ONG.

"Jeudi matin, après l'opération, les corps de 43 personnes ont été retrouvés. Certaines ont été victimes d'exécutions sommaires", a précisé l'OSDH.

Alors que les violences ont fait plus de 20.000 morts depuis mars 2011, selon l'OSDH et que les combats sont chaque jour plus violents, le président Bachar al-Assad a affirmé mercredi que ses troupes livraient une bataille "cruciale" dont dépendait le destin du peuple syrien.

Même si sur le terrain les insurgés ont marqué des points avec la prise des commissariats à Alep, de nouvelles divisions sont apparues au grand jour entre le commandement des rebelles en exil et celui de l'intérieur.

Le chef officiel de l'ASL, le colonel Riad Assaad, basé en Turquie, a accusé le commandement rebelle de l'intérieur d'être "engagé avec fièvre dans la course à des postes" de pouvoir.

Les rebelles de l'intérieur, qui s'estiment les mieux placés pour gérer l'après Assad, avaient appelé cette semaine à la formation d'un conseil présidentiel en vue de diriger une éventuelle transition.

bur-vl/sw

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