NOUVELLES

Les rebelles attaquent un aéroport près d'Alep, raid sanglant plus au sud

02/08/2012 05:50 EDT | Actualisé 02/10/2012 05:12 EDT

Les rebelles syriens ont bombardé jeudi un aéroport militaire près d'Alep, théâtre d'une bataille cruciale entre les insurgés et les forces du régime qui ont torturé et exécuté des jeunes la veille dans une localité près de Damas, selon une ONG.

Alors que la communauté internationale, profondément divisée, demeure incapable de trouver un moyen pour faire cesser les violences, des chaînes de télévision américaines ont rapporté que le président américain Barack Obama avait signé un document secret autorisant l'aide américaine aux rebelles.

Des représentants de la Maison Blanche ont refusé de commenter ces informations mais n'ont pas explicitement exclu l'idée que Washington apportait plus de soutien en termes de renseignement aux forces anti-Assad qu'il avait été précédemment admis officiellement.

Après que l'armée eut repris le dessus sur les insurgés à Damas au terme d'affrontements inédits à la mi-juillet, les rebelles concentrent leurs efforts sur la deuxième ville du pays, dont ils disent désormais contrôler "50%" ainsi que la quasi totalité de cette province du Nord du pays.

Il est néanmoins très difficile d'avoir une idée claire de la situation sur le terrain en raison de l'absence de sources indépendantes et des très grandes restrictions imposées à la presse.

"L'aéroport militaire de Menagh (30 km au nord-ouest d'Alep) a été bombardé jeudi matin par un char capturé par les rebelles", a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG basée en Grande-Bretagne.

Un journaliste de l'AFP a entendu le bruit de bombardements et vu des tirs provenant de cette direction. Des rebelles lui ont affirmé qu'il s'agissait "d'une attaque pour prendre cet aéroport d'où partent les hélicoptères et les avions qui tirent sur Alep".

Selon le porte-parole des Nations unies Martin Nesirky, qui cite la mission de l'ONU en Syrie, les rebelles sont en possession d'armes lourdes, dont des chars, à Alep, où de farouches combats ont lieu depuis le 20 juillet.

Les observateurs ont également affirmé que les troupes régulières avaient eu recours à des avions de chasse pour tirer sur la ville.

Après la prise symbolique mardi de trois commissariats à Alep, les rebelles ont affirmé leur détermination à s'emparer des sièges des services de renseignements.

De violents combats ont opposé mercredi des membres du clan pro-gouvernemental des Berri aux rebelles dans le quartier Bab Nairab, dans l'est d'Alep, au lendemain de l'exécution d'un chef des Berri, Zeino Berri, par des insurgés.

Les opérations militaires contre les rebelles se poursuivent en outre dans le reste du pays où 163 personnes ont péri mercredi dans les violences, dont 98 civils, 20 rebelles et 45 soldats, selon l'OSDH.

A Jdeidet Artouz, une localité à une vingtaine de km sud-ouest de Damas, un raid des forces de sécurité a fait 43 morts.

Les forces du régime ont pénétré mercredi à Jdeidet Artouz, ont "arrêté une centaine de jeunes et les ont enfermés dans une école où ils ont été torturés", selon l'ONG.

"Jeudi matin, après l'opération, les corps de 43 personnes ont été retrouvés. Certaines ont été victimes d'exécutions sommaires", a précisé l'OSDH.

Un habitant d'Artouz, une localité limitrophe, qui a fui mercredi soir son domicile, a affirmé à l'AFP que sa ville, bombardée selon lui par le régime depuis Jdeidet Artouz, s'était vidée de ses habitants.

Alors que les violences ont fait plus de 20.000 morts depuis mars 2011 selon l'OSDH et que les combats sont chaque jour plus violents, le président Bachar al-Assad a affirmé que ses troupes livraient une bataille "cruciale" dont dépendait le destin du peuple syrien.

Son ministre d'Etat pour les Affaires de la réconciliation nationale, Ali Haïdar, a estimé que la seule issue aux violences était le "dialogue politique", dans un entretien publié dans la presse suisse.

Le ministre a en outre critiqué "l'ingérence étrangère" dans le conflit, estimant que le "soulèvement intérieur, avec en partie des revendications justifiées", avait muté en insurrection pilotée de l'extérieur.

Même si sur le terrain les insurgés ont marqué des points, de nouvelles divisions sont apparues au grand jour entre le commandement des rebelles en exil et celui de l'intérieur.

Le chef officiel de l'Armée syrienne libre (ASL), composée de déserteurs et de civils qui ont pris les armes, le colonel Riad Assaad, basé en Turquie, a accusé le commandement rebelle de l'intérieur d'être "engagé avec fièvre dans la course à des postes" de pouvoir.

Les rebelles de l'intérieur, qui s'estiment les mieux placés pour gérer l'après Assad, avaient appelé cette semaine à la formation d'un conseil présidentiel en vue de diriger une éventuelle transition.

Sur le plan humanitaire, l'Organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) a indiqué que 3 millions de Syriens avaient un besoin urgent de nourriture et d'aide pour les cultures de céréales et le bétail dans un pays qui compte 22 millions d'habitants.

bur-vl/sw

PLUS:afp