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Les observateurs de l'ONU devraient quitter la Syrie fin août (ambassadeur français)

02/08/2012 05:20 EDT | Actualisé 02/10/2012 05:12 EDT

La mission des observateurs de l'ONU en Syrie (Misnus) va probablement quitter le pays à la fin de son mandat le 19 août, a estimé jeudi l'ambassadeur français à l'ONU, Gérard Araud.

"Honnêtement, je pense qu'il n'y aura pas d'accord (au Conseil de sécurité). Je crois que la mission disparaîtra au 19 août, je crois que c'est très clair", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse alors qu'il était interrogé sur le sort des observateurs suite à la démission du médiateur Kofi Annan.

"Je ne vois pas de scénario, sauf changement sur le terrain, qui permettrait le maintien de la mission", a-t-il expliqué.

Avec l'intensification des combats, a-t-il ajouté, "la sécurité des observateurs est en jeu. Pourquoi garder en Syrie des observateurs qui doivent rester dans leur chambre d'hôtel 95% du temps?".

Les observateurs, déployés en avril, ont suspendu depuis la mi-juin la plupart de leurs activités sur le terrain et leur nombre a été réduit de moitié, de 300 à 150 militaires non armés.

Le Conseil de sécurité a prolongé le mandat de la Misnus jusqu'au 19 août mais en avertissant que la mission quitterait la Syrie si d'ici là les conditions de sécurité et les circonstances politiques ne s'amélioraient pas très nettement. Les Etats-Unis, notamment, se sont montrés très sceptiques sur la possibilité de prolonger une nouvelle fois la mission.

Par contre, l'ambassadeur russe Vitali Tchourkine a estimé que la mission des observateurs devait être prolongée, avec des modifications éventuelles, dans un "rôle qui ne soit pas seulement symbolique" mais qui lui assure des capacités de "surveillance militaire".

Les 15 membres du Conseil ont prévu de se prononcer le 16 août sur le sort de la Misnus en adoptant une nouvelle résolution.

Selon le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU Hervé Ladsous, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon doit faire des propositions au Conseil pour que l'ONU garde une présence en Syrie après le 19 août.

M. Ban "estime que l'ONU devra rester présente d'une certaine manière en Syrie", a déclaré M. Ladsous, qui s'est exprimé devant le Conseil à propos de l'avenir de la Misnus.

"Nous sommes prêts à examiner toute proposition", a indiqué Gérard Araud. "Nous verrons (le 16 août) ce qui est utile et possible (...), cela dépendra de la situation sur le terrain".

Interrogé sur le blocage actuel du Conseil, M. Araud a indiqué qu'il fallait tenter désormais de "travailler plutôt sur les questions humanitaires". "Nous espérons pouvoir retrouver l'unité du Conseil sur ces questions", a-t-il expliqué, notamment lors d'une session ministérielle du Conseil que la France, qui préside le Conseil en août, veut convoquer d'ici la fin du mois.

"Il ne peut y avoir aucune dissension quant au fait que nous devrions apporter notre aide aux millions de Syriens qui souffrent".

"Même si la situation est désespérée, même s'il n'y a pas de processus politique, je pense qu'il serait sans doute utile d'avoir un successeur pour M. Annan", a encore estimé M. Araud en indiquant que "des noms circulent", sans plus de précisions.

avz/lor

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