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La BCE laisse son principal taux directeur inchangé

02/08/2012 09:38 EDT | Actualisé 02/10/2012 05:12 EDT

FRANCFORT - La BCE pourrait intervenir sur le marché obligataire pour calmer l'envolée des taux, a fait savoir jeudi Mario Draghi, sans annoncer toutefois de mesure immédiate. Le président de la Banque centrale européenne a également appelé les 17 pays de la zone euro à se tenir prêts à activer les fonds de sauvegarde européen pour qu'ils puissent eux aussi intervenir en rachetant de la dette.

La conférence de presse de Mario Draghi, à l'issue de la réunion du conseil des gouverneurs de la banque à Francfort, était très attendue, alors que Rome et Madrid suscitent de nouvelles inquiétudes dans la zone euro. Soumise à une très forte pression des marchés ces derniers jours, l'Espagne, qui emprunte à un taux de plus en plus élevé, intenable à long terme, avait pressé la banque centrale européenne d'intervenir.

Plus tôt pendant la journée, la BCE avait laissé inchangé son principal taux directeur à 0,75 pour cent, son taux le plus bas

Face à l'aggravation de la situation, la zone euro doit trouver des remèdes plus puissants que ceux imaginés jusqu'ici par ses dirigeants, a clairement fait savoir la zone euro. Mais l'«euro est irréversible», a insisté Mario Draghi. «Cela n'a pas de sens de parier contre l'euro».

Mais les marchés financiers, qui s'attendaient à ce que la BCE annonce de nouvelles mesures, ont apparemment été déçus. Les places boursières européennes ont baissé jeudi, alors que les taux des obligations italiennes et espagnoles continuaient de grimper.

Face à cette hausse, la BCE pourrait intervenir pour racheter des titres de dette souveraine, a expliqué jeudi Mario Draghi. Cela pourrait permettre de faire baisser les taux des obligations espagnoles et italiens. Pour autant, le président de la banque centrale n'a pas annoncé de mesure immédiate. «Dans les prochaines semaines, nous établirons les modalités appropriées pour de telles politiques», a-t-il dit.

Mario Draghi n'a pas donné de précisions, indiquant simplement que ces opérations seraient de l'«ampleur appropriée». Une apparente allusion aux reproches faits à la précédente intervention de la BCE, jugée insuffisante pour apaiser la situation sur le marché secondaire. Ces opérations de la BCE, entamées en mai 2010, n'ont pas été utilisées depuis mars, faute d'avoir réussi à faire vraiment baisser les taux.

Mario Draghi a pris soin d'ajouter que la banque continuerait d'agir de façon indépendante pour déterminer sa politique monétaire et fixer ses taux d'intérêt.

Le président de la BCE a aussi exhorté les gouvernements de la zone euro à «se tenir prêts» à utiliser les fonds de sauvegarde mis en place à la suite de la crise de la dette, le FESF (Fonds européen de stabilité financière) et le MES (Mécanisme européen de stabilité), sa version permanente, pour intervenir directement sur le marché secondaire. Mais le processus prendrait plus de temps, car les pays devraient d'abord solliciter une telle aide, alors que la BCE peut intervenir à tout moment.

De fait les fonds européens de secours pourraient jouer un rôle clé, en conditionnant leur aide par exemple à des réformes économiques.

Une intervention de la BCE seule ne suffira pas à résoudre la crise, a prévenu Mario Draghi. «La politique monétaire ne sera pas suffisante (...) à moins que les gouvernements agissent».

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