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Les judokas canadiens quittent Londres avec un bilan mitigé, malgré une médaille

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La Canadienne Amy Cotton (en bleu) contre la Française Audrey Tcheumeo. | Getty Images

LONDRES - L'équipe canadienne olympique de judo risque de se rajeunir considérablement d'ici les Jeux de 2016, qui auront lieu à Rio de Janeiro, au Brésil. C'est ce qu'a estimé l'entraîneur national Nicolas Gill, jeudi, après avoir vu Amy Cotton devenir jeudi le sixième membre de son équipe à Londres à s'incliner dès le premier tour.

Les autres à avoir subi le même sort depuis samedi sont Sergio Pessoa, Nicholas Tritton, Joliane Melançon, Alexandre Émond et Kelita Zupancic. Cotton était la dernière Canadienne en lice dans la compétition olympique de judo, qui se terminera vendredi. La Montréalaise d'adoption s'est inclinée par yuko dans la dernière minute de son combat contre la Française Audrey Tcheumeo.

«À peu près tout le monde a eu droit à un tirage vraiment difficile. La plupart d'entre nous avons affronté l'une des huit têtes de série dans notre catégorie dès le départ», a fait remarquer Cotton après s'être ajoutée au nombre des victimes d'une semaine difficile, dont la seule exception à la règle a été la médaille de bronze décrochée par Antoine Valois-Fortier.

«Une seule des défaites est survenue contre un adversaire moins bien classé que nos athlètes, a quant à lui noté Gill après le match de Cotton. On a eu des défaites contre des champions du monde en titre.

«Les deux matchs que j'aimerais refaire sont ceux de Nick et Sergio, a reconnu l'ancien judoka. Leurs adversaires étaient mieux classés qu'eux, mais c'étaient des combats plutôt 50-50. Ça n'aurait pas été une grosse surprise qu'ils les battent.»

Le Canada a délégué huit judokas aux Jeux de Londres, du jamais vu. Les seules victoires canadiennes ont cependant été signées par Sasha Mehmedovic (une) et Valois-Fortier (cinq).

Gill n'aura donc d'autre choix que de dresser un bilan mitigé à son retour de Londres. Des changements sont à prévoir, même si la structure actuelle n'a été mise en place qu'au début du présent cycle olympique et qu'il faudra attendre encore avant qu'elle ne porte ses fruits.

«Il faut continuer à travailler et essayer de l'améliorer, a indiqué Gill lors d'un entretien avec La Presse Canadienne. On a déjà une bonne idée de nos forces et de nos faiblesses. Il faudra faire certains ajustements. Comme, par exemple, à quel âge faut-il rassembler les jeunes au centre national. Il faudra voir aussi si certains membres du personnel d'encadrement doivent être remplacés, ou s'il en faut plus.»

Gill aura aussi pour tâche de dénicher et de préparer les athlètes susceptibles de se qualifier pour les JO de 2016.

«Les athlètes de 28 ans et plus qui étaient ici ne seront pas meilleurs dans quatre ans. Si on veut de meilleurs résultats, il va donc falloir de meilleurs athlètes, a-t-il lancé sans détour. Il va falloir renouveler l'équipe.»

Valois-Fortier et Zupancic ont tous deux 22 ans, tandis que Pessoa a 24 ans. Melançon a 26 ans et Mehmedovic, 27 ans. Cotton, Émond et Tritton ont tous 28 ans et plus.

«Je ne pense pas qu'il sera possible d'apporter de grandes améliorations avec les athlètes qui sont ici (à Londres), a avancé Gill. On pourra le faire avec la génération qui suit. Il faudra augmenter le nombre de judokas susceptibles de prendre le chemin vers l'élite. C'est à ce niveau que ça nous fait défaut.»

Reste que la médaille remportée par Valois-Fortier aura certainement des retombées bénéfiques pour le judo canadien. L'athlète de Beauport a permis au Canada de récolter une première médaille olympique en judo depuis les Jeux de Sydney en 2000. Gill avait alors décroché l'argent.

«Ce n'est pas tout le monde qui croit à ce que j'ai mis en place, loin de là, a lancé Gill, qui a aussi mérité le bronze lors des JO de Barcelone en 1992. La médaille d'Antoine vient confirmer qu'on va dans la bonne direction. Il reste aux gens à croire en ce qu'on fait.»

La médaille de Valois-Fortier semble peut-être sortir de nulle part vue de l'extérieur, mais elle n'est pas une surprise aux yeux de Gill.

«Je le dis depuis quelques mois déjà que c'est notre meilleur athlète. Sur papier ce n'était pas le cas, mais dans la vie de tous les jours, c'était lui qui était le plus proche des meilleurs, a dit l'entraîneur. Antoine, c'est un des athlètes les plus dédiés. C'est lui qui regarde le plus de vidéo. S'il n'est pas à une Coupe du monde une fin de semaine donnée, il va quand même suivre les combats de ses adversaires. Il donne le petit extra que pas tout le monde ne donne.

«Il n'est pas plus physiquement doué que les autres, mais il a une excellente compréhension du judo. Il sait s'adapter selon le déroulement du combat. Et il a démontré, ici, qu'il avait une détermination bien au-dessus de la moyenne.

«Ce n'est pas du jour au lendemain que tu gagnes une médaille aux Jeux olympiques, a ajouté Gill. C'est le travail de plusieurs années. C'est un petit peu plus d'effort à tous les jours, un peu plus de volonté, un peu plus de détermination.»

De son côté, Cotton avait du mal à contenir ses émotions, jeudi, après avoir été éliminée. Elle allait tenter une attaque quand Tcheumeo lui a fait perdre pied à 4:16. Cotton devait alors presser le pas puisqu'elle avait écopé d'une pénalité plus tôt dans le combat.

«Elle a tenté le même mouvement à plusieurs occasions — c'est son attaque de prédilection — et à chaque fois sauf la dernière, j'ai réussi à planter solidement mon pied au sol pour l'en empêcher, a décrit celle qui est née à Antigonish, en Nouvelle-Écosse, mais s'est installée à Montréal il y a une dizaine d'années. Mais cette fois-là, je n'ai pas été assez rapide à le faire. C'est survenu au moment où je songeais à placer mes mains correctement afin de pouvoir attaquer.»

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