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JO-2012 - L'objet du jour: le derny, seul engin motorisé des Jeux

02/08/2012 07:27 EDT | Actualisé 02/10/2012 05:12 EDT

Le derny, utilisé pour lancer les sprinteurs du keirin dans les vélodromes, est le seul engin motorisé faisant partie intégrante d'une compétition aux jeux Olympiques, en dehors des véhicules suiveurs.

Sorte de vélomoteur avec assistance de pédalage, le derny est sévèrement réglementé. Jusqu'à la dimension du réservoir à carburant. "Il est limité à une cylindrée de 100 cc. Mais il peut atteindre facilement 85 à 90 km/h", explique Gilles Peruzzi, le responsable piste de l'Union cycliste internationale (UCI).

"On a déjà essayé une alternative électrique ou à batterie, mais on n'a pas encore trouvé quelque chose de concluant", précise ce spécialiste.

Aux JO de Sydney 2000, un deux-roues électrique avait bien été employé. Mais il s'était avéré moins satisfaisant que le modèle traditionnel, utilisé depuis l'apparition du keirin au programme des Championnats du monde à la fin des années 1970.

En course, le rôle du pilote du derny est d'emmener derrière lui un groupe de six coureurs, placés en fil indienne, à une vitesse augmentant au fil des tours, de 30 km/h (25 km/h pour les dames) au départ jusqu'à 50 km/h (45 km/h).

"Il gagne à peu près 5 km/h par tour, pour les lâcher à pleine vitesse à deux tours et demie de l'arrivée", détaille le responsable de la piste, précisant que conduire un derny demande de l'expérience: "contrairement aux anciens vélomoteurs, qui ont une poignée de gaz comme sur une moto, ici c'est un levier, un câble agissant sur le carburateur, qui permet d'augmenter la vitesse".

L'engin, d'un poids avoisinant les 40 kilos, n'existe qu'à quelques centaines d'exemplaires dans le monde, achetés par les Fédérations nationales ou des vélodromes, et est fabriqué dans deux pays: en Belgique et aux Pays-Bas.

Celui qui roulera vendredi pour le keirin dames et mardi pour le keirin messieurs, sur l'anneau des JO, appartient au vélodrome londonien. Deux autres dernys sont prévus en réserve, en cas d'incident ou d'échec au démarrage. Ils se distinguent par leur couleur (bleu, rouge, blanc).

"Le derny dans le keirin, c'est le lièvre dans une course de lévriers", résume Gilles Peruzzi: "le pilote n'a pas de rétroviseur mais, s'il est expérimenté, il sait ce qui se passe derrière lui".

L'avenir passe sans doute par un deux-roues à propulsion électrique. Les coureurs devront alors s'habituer à ne plus entendre le bruit légèrement pétaradant qui les lance vers un sprint très long, de plus de 600 mètres, et hautement spectaculaire.

jm/ol/heg

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