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JO-2012 - Le scandale du badminton à Londres fait des vagues en Asie

02/08/2012 06:18 EDT | Actualisé 02/10/2012 05:12 EDT

Le scandale des matches de badminton délibérément perdus aux jeux Olympiques de Londres faisait des vagues jeudi en Asie, où ce sport est roi, la championne du monde chinoise annonçant même qu'elle arrêtait sa carrière.

L'affaire, très embarrassante car opposée au grand principe de fair-play de l'olympisme, touche de surcroît trois nations où le badminton déplace les foules: la Chine, l'Indonésie et la Corée du Sud.

Six joueuses de ces pays ont été disqualifiées mercredi après avoir été jugées coupables par la Fédération internationale de badminton (BWF) de "ne pas avoir fait tout leur possible pour gagner" lors de rencontres de double, pour faciliter leur progression dans le tournoi.

Cette stratégie antisportive a suscité des condamnations tous azimuts.

Face au retentissement de l'affaire, Yu Yang, 26 ans, a annoncé qu'elle mettait un terme à la compétition, voyant son "rêve brisé": "adieu au badminton que j'aime tant", a écrit la Chinoise sur son compte de microblog.

Yu Yang et sa partenaire de double Wang Xiaoli, également sanctionnée, sont les championnes du monde 2011 et N.1 mondiales.

Les deux femmes, qui font partie des huit joueuses de double dames concernées (une paire chinoise, une paire indonésienne, deux paires sud-coréennes), ont présenté des excuses publiques, retransmises par la télévision d'Etat chinoise.

L'entraîneur des deux Chinoises, Li Yongbo, a endossé la responsabilité du scandale. "Je dois des excuses aux supporteurs du badminton chinois et au public de la télévision chinoise", a-t-il déclaré.

La délégation olympique chinoise a indiqué "respecter pleinement" la punition infligée par la Fédération: le comportement des deux athlètes "a violé les principes du mouvement olympique et est contraire à l'esprit du fair play. Cela heurte nos coeurs".

Le président de la Fédération internationale de badminton (BWF), Thomas Lund, s'est de son côté dit "vraiment désolé de ce qui est arrivé". "Le plus important, c'est que nous avons réglé le problème et nous l'avons fait dans l'intérêt de tous les joueurs du tournoi".

A l'instar des dizaines de milliers d'internautes chinois se disant "humiliés", la presse et les internautes sud-coréens ont multiplié jeudi les commentaires cinglants envers leurs joueuses.

"Les joueuses sud-coréennes de badminton ont fait honte à l'esprit olympique et embarrassé le pays", a écrit le grand quotidien sud-coréen JoongAng Ilbo, le Hankook Ilbo, évoquant lui "une performance grotesque" qui a "insulté ce sport".

Le quotidien Dong-A Ilbo a lui pointé du doigt les joueuses chinoises, leur reprochant d'avoir montré le mauvais exemple. Mais les internautes ne leur cherchaient pas de circonstances atténuantes.

"Ce n'est vraiment pas la peine de rendre les joueuses chinoises responsables. Ce qui est mal est mal", a écrit un utilisateur signant Linkinpart, sur le portail Daum.net.

En Indonésie, troisième pays éclaboussé par le scandale, le ministre des Sports a réclamé jeudi une révision des règles gérant les compétitions de badminton aux jeux Olympiques, tout en disant "respecter" la décision.

"L'Indonésie a toujours fait honneur aux valeurs et à l'esprit olympiques, ainsi qu'à l'esprit sportif", a insisté le ministre, Andi Mallarangeng.

Greysia Polii, l'une des deux joueuses indonésiennes exclues, avec sa partenaire Meiliana Jauhari, s'est défendue, sur son compte Twitter: "la victoire, c'est ce que nous recherchons dans tous les matchs", a-t-elle assuré.

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