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Guinée-Bissau: le gouvernement dément l'ONU sur la hausse du trafic de drogue

02/08/2012 12:45 EDT | Actualisé 02/10/2012 05:12 EDT

Le gouvernement bissau-guinéen a démenti jeudi des informations des Nations unies sur une hausse du trafic de drogue depuis le putsch du 12 avril dans ce pays ouest-africain considéré comme un point de transit important de le cocaïne venant d'Amérique latine et destinée à l'Europe.

"Je ne sais pas qui a informé l'ONU. Les données avancées dans le rapport sont totalement fausses. De telles déclarations sont non seulement fausses mais elles sont de nature à ternir l'image de notre pays", a déclaré à l'AFP le ministre bissau-guinéen de la Justice Mamadou Saico Baldé.

"Nous avons mis ensemble dans un même élan les forces de police, l'armée et d'autres institutions comme la douane pour lutter efficacement contre le trafic de drogue dans notre pays", a ajouté le ministre.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a annoncé lundi dans un communiqué réfléchir à l'organisation d'un sommet consacré à la Guinée-Bissau après avoir constaté que le trafic de drogue s'y était intensifié depuis le coup d'état du 12 avril.

Le sommet rassemblerait l'ONU, l'Union africaine (UA), l'Union européenne (UE), la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) ainsi que d'autres pays, afin d'aboutir à une "stratégie intégrée et à une feuille de route avec des actions à court et long terme pour le rétablissement de l'Etat de droit", selon l'ONU.

Un président de transition, Manuel Sérifo Nhamadjo, ex-chef du parlement, et un Premier ministre, Rui Duarte Barros, ont été nommés en mai pour diriger la transition en Guinée-Bissau, sous la médiation de la Cédéao, après le putsch du 12 avril.

Ce putsch a été mené par des militaires entre les deux tours d'une élection présidentielle dans ce pays à l'instabilité chronique et considéré depuis 2005 comme une plaque tournante du trafic de cocaïne d'Amérique latine vers l'Europe.

Selon certains témoignages, des officiers de haut rang seraient impliqués dans ce trafic.

La Guinée-Bissau, ex-colonie portugaise indépendante en 1974, est confrontée à une instabilité politique et militaire chronique dans laquelle l'armée joue un rôle prépondérant.

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